La commissaire maigre est
Voici donc le premier tome des aventures du commissaire Tanquerelle et du professeur Lemercier deux ans avant les péripéties macédoniennes d'On a volé la cuisse de Jupiter... D'emblée on se rend bien compte que les seules choses supportables du second feront cruellement défaut ici, point de place pour une cavale buissonnière exotique échevelée dans ce triste Paris 70s, mais heureusement, les compensations sont largement à la hauteur.
Déjà, en comparaison, c'est un vrai film, une comédie policière honnête et bien troussée, un canevas d'enquête policière un peu idiot, comme toujours, pour prétexte à une sorte de romance assez délicieuse entre le bougon cinquante-huitard attardé et l'ancienne copine devenue flic...
Alors oui, le truc du serial-killer assassin de députés et de la jeune blondasse peu farouche ( Catherine Alric, déjà...) est affreusement mauvais surtout quand Delerue en rajoute dans la musique d'horreur parodique qui n'est plus guère dans la frétillante légèreté de l'ensemble mais qu'importe, ça n'intéresse personne de toutes façons, ce serait comme reprocher à L'Introuvable son intrigue débile...
Non, ce qui importe ici, c'est la romance avec une Annie Girardot survoltée (comme dirait l'autre) qui promène avec fougue sa silhouette gracile entre les larges épaules de ses collègues rustauds et un Philippe Noiret presque supportable pour une fois, en plus il n'exhibe pas son corps de gros bébé rose comme dans l'épisode suivant et mes yeux le remercient. Non, à la place, il chante le Miserere Nobis dans les cafés de gens mouillés, il imite son Michel Audiard de mainate avec la même voix que Scritch lorsqu'il parle à mon chat et il promène son affreux costume bleu ciel avec une nonchalance bourrue de bon aloi.
Nos deux tourtereaux se promènent donc sans temps morts dans une capitale qui ressemble enfin à ce que je connais et s'entourent de seconds rôles marquants comme les délicieuses Simone Renant et Paulette Dubost en tante et mère ou le révulsant Guy Marchand en répugnant personnage...
C'est là qu'on se rend compte que finalement, avant la date de péremption habituelle, c'est toujours forcément un peu chouette un Philippe de Broca et va falloir que je commence à fouiller dans ses débuts méconnus...