Voici donc le long-métrage le plus ambitieux de Teona Strugar Mitevska, native de Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord, toute comme son héroïne, Mère Teresa. Le film n’est pas un biopic, se concentrant sur sept jours cruciaux de l’existence de son personnage, en 1948, à Calcutta. Pas une hagiographie non plus, mais un portrait nuancé d’une femme intense, un brin rigide, mais audacieuse et intrépide, avec ses doutes, naturellement, quant à son engagement qui pourrait, après tout, être considérée comme l’expression d’un orgueil démesuré. Le film sort des sentiers battus de la sainteté, confrontant la religieuse à une situation extrême, tout en interrogeant les questions de la sororité, de la féminité et même de la maternité. La B.O, avec ses morceaux de Hard Rock, déstabilise et convainc de l’originalité de la démarche, dans une approche qui essaie de se rapprocher d’une certaine vérité psychologique, forcément relative. Teresa est un film puissant sur une femme qui ne l'était pas moins, incarnée par une Noomi Rapace complètement investie qui trouve là son rôle le plus fort. Comme le dit Teona Strugar Mitevska : « Mère Teresa n’était pas parfaite, mais elle était remarquable. » Avant d’être sainte, n’était-elle pas humaine, avant tout ?