J'ai longtemps fui Terreur.com. Rien que ce titre déjà, ça fait fuir. Il m'a fait de l'oeil dans les brocantes, dans les boutiques d'occasion, dans les rayons de la fnac, dans les bacs à solde des grands magasins... Mais il me fallait résister, parce que... Terreur.com, c'est pas un titre et c'est pas un concept. Mêler des histoires de fantômes à un site internet où un psychopathe poste ses vidéos de meurtres, ça n'était clairement pas une bonne idée. Puis pour 2 euros, on fini par céder en sachant qu'on a derrière la caméra le responsable de Hantise et La maison de l'horreur. Et là, aussi curieux que cela puisse paraître, un charme opère. Tiens, les décors ont de la classe ainsi que l'éclairage et que certains cadrages. Tiens, il y a Jeffrey Combs, Udo Kier et quelques seconds couteux sympathiques. Tiens, le psychopathe est joué par Stephen Rea et il parvient à être efficace dans son détachement. Et enfin, on retrouve le style de William Malone (les inserts brutales de plans subliminaux de tortures et d'images choc), qui se retrouve ici justifié par la mise en scène du site, clairement inspirée de ces sites idiots fleurissant sur le net pour faire peur à vos amis. Et cela marche esthétiquement. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le style foutaque de Malone (qui rajoute des distorsions d'image gratuitement, joue sur la saturation des couleurs...) commence à fonctionner, donnant à ce médiocre film d'horreur un cadre haut de gamme, une photo sombre et détaillée qui lui donne clairement une valeur ajoutée, une facture qu'on pourrait même trouver de haut standing. L'esthétique morbide de ses tortures fonctionne (on retrouve certaines images de La Maison de l'Horreur), et quelques séquences efficaces marquent le visionnage. Pour le reste, c'est effectivement un bien mauvais film d'horreur. L'ambiance se révèle incapable de créer une quelconque pression, la collecte des indices est d'un ennui mortel, et les interactions entre les personnages ne sont guère passionnantes. Jeffrey Combs a l'air de carburer avec le café du commissariat et on le comprend. Malgré la médiocrité globale du projet, on peut ici trouver probablement le meilleur travail de son réalisateur, celui où son style, malgré la débilité du scénario, parvient à s'exprimer avec le plus d'impact et de cohérence. D'où la satisfaction de comprendre, après toutes ces années, où voulait en venir un réalisateur qui semblait partir en roue libre à chacun de ses projets. Et un regret amer quand on voit ce qu'aurait pu être La Maison de l'Horreur, immense histoire réduite à un film de couloirs.