Terreur.point.com aimerait être le 8mm de l’horreur, soit une plongée dans le « darknet » susceptible de faire remonter à la surface des vérités cachées sur la monstruosité de l’homme. Pas de chance pour lui, sa profonde médiocrité l’empêche et de penser et de faire peur, encore moins d’intriguer, si bien que la bonne heure et demie de film ne se passe que dans la douleur. Le réalisateur ne sait pas tenir une caméra et livre des plans mal cadrés ou voulus ainsi – ce qui n’est en soi pas une excuse – qui échouent à construire un climat anxiogène un tant soit peu crédible. L’écriture des personnages s’avère elle aussi aux abonnés absents : nous ne nous attachons jamais à ces êtres de fiction qui vont et viennent, saignent des yeux et braillent de l’allemand inaudible et bestial, à se demander si le film y comprend quelque chose ou s’il s’empare de la langue germanique comme d’un réservoir de barbarie, filant une métaphore tout à fait injurieuse et déplacée. Dépourvu de vision horrifique et bête comme ses pieds, Terreur.point.com ne dit rien d’internet, encore moins du genre qu’il essaie d’investir (en vain) et impose à son spectateur les supplices qu’endurent les jeunes femmes, des supplices décuplés au centième. À balancer au fond d’une poubelle.