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Retour avec ce film au film policier plus qu’action, aux racines du comics donc, au thriller, dans une ambiance particulièrement lugubre où la moindre lumière est tamisée ou torve. Moins spectaculaire donc que la trilogie de Nolan, nous explorons ici les bas fonds de Gotham, ville crapuleuse où les élites corrompues dînent avec les pires mafieux, vrais maîtres de la ville.
Même Batman est dépressif, à l’image de cette ville délavée et sale. Son manoir a des airs gothiques, déchus. Robert Pattinson parle assez peu ou alors commente l’état dans lequel il est. Il montre rarement son visage et revêt le masque, comme pour incarner l’ombre de lui même, comme pour se débarrasser de l’héritier richissime. Il joue alors au détective solitaire, errant dans les ruelles sordides de la ville où il éradique les criminels.
En résulte une ambiance à la Blade Runner : fumante, sombre. On vit sous la terre, ou au sol, écrasés par les buildings et les piliers du métro. Et on mène ainsi une enquête, successions d’énigmes et de courses poursuites.
Et c’est peut être la force et la faiblesse du film. Cette esthétique à la fois punk et gothique, avec un travail d’ombre et de lumière très abouti, prend la place sur l’intrigue. Ce qui intéresse le réalisateur c’est la ville de Gotham, comme personnage à part entière et des facettes infâmes derrière son arrogante prospérité. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si Batman est comme marié à la ville, ce que lui fait remarquer Catwoman à la fin du film, dans le seul moment où on voit d’ailleurs un peu de verdure - sous la brume ou au milieu d’un cimetière.
Car l’intrigue elle consiste en un puzzle assez complexe orchestré par The Riddler, un psychopathe incarné par Paul Dano qui campe une sorte de simili Joker mais geek. S’en suivent des scènes parfois réussies de tensions comme lors d’une messe d’enterrement ou une course poursuite en voiture assez belle visuellement mais aussi de multiples rencontres de personnages peu développés au final, que ce soit Catwoman aux enjeux minces (la vengeance) ou même le Pingouin (Colin Farrell) qui est un vilain corrompu et aussi fou que les autres. Le grand final par ailleurs est peu lisible, et va dans une surenchère où la pluie est remplacée par une inondation géante.
La morale qui se veut être une critique du capitalisme, de la corruption des élites, dont Batman ferait partie, est assez ténue et ne parvient jamais à l’intensité malaisante et ambiguë des films de Nolan. Certes, cette approche très sombre et réaliste colle avec celle du film The Joker. La dimension politique et social n’est toutefois pas développée à hauteur.
Le film a quelque chose de froid. Joli et même à l’esthétique marquée, style Blade Runner, mais il ne parvient pas à imposer une intrigue ou des personnages au niveau de ses ambitions plastiques. Même Batman n’est qu’une armure et un joli visage dont les failles peinent à émouvoir. Lost in Time like tears in rain.
Créée
le 7 avr. 2025
Modifiée
le 7 avr. 2025
Critique lue 15 fois
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