Avec The Boy on pouvait s'attendre à un énième film d'horreur avec une poupée et pourtant il a le mérite de casser avec pas mal de conventions du genre. En effet, on joue d'abord sur un atout charme certain avec l'actrice principale Lauren Cohan (essentiellement connue à l'heure actuelle pour son rôle de Maggie dans The Walking Dead) mais pas pour autant sur un atout de stupidité façon blonde à forte poitrine, complètement débile, qui se fait tuer dans le premier quart d'heure d'un piètre film d'horreur gore. Ici, le personnage porte quasiment tout le film sur ses seules épaules, elle est seule dans la maison la plupart du temps. D'abord incrédule, elle finit par se poser des questions, elle est effrayée mais sans pour autant subir, elle se bat et finit même par s'amuser de la situation lorsqu'elle commence à la comprendre. On a d'ailleurs pas mal de surprises dans le scénario, un casting réduit mais une vraie histoire. Il y a une certaine tension mais il est toujours appréciable de voir que tous les réalisateurs qui s'essayent à l'horreur ne cèdent pas toujours à la facilité du jumpscare. Un signe de qualité car n'importe qui peut faire sursauter le spectateur avec une petite tension suivi d'un bruit soudain et d'un personnage flippant qui saute sur la caméra. Pas non plus de carillon, de fauteuil à bascule ni de portes qui claquent à outrance. Et là où le film tire tout son intérêt c'est de bousculer un élément que le spectateur considérait comme acquis :
et s'il n'y avait pas réellement de possession dans cette histoire ? et si la poupée n'était seulement qu'une poupée et que la vérité serait ailleurs ?
Au final on a un film certes qui ne fait pas très peur, mais qui a le mérité d'être intéressant, honnête, surprenant, et qui est beaucoup moins académique que ce qu'il n'y parait. Ceux qui le comparent à un Annabelle bis n'ont tout simplement rien compris, sans compter ceux qui trouvent qu'Annabelle est un meilleur film que celui-ci. On a, certes, plus peur dans Annabelle que dans The Boy, mais seulement grâce à des jumpscare et un démon caché dans le noir, le reste n'est que conventionnalisme lassant.