Maggie Gyllenhaal, notamment connue pour avoir jouer Rachel dans The Dark Knight, l’amie d’enfance et le love interest de Bruce Wayne. Après avoir réalisé The Lost Daughter en 2021, elle revient cette année avec une version personnalisée de la fiancée (de Frankenstein). En soi, pourquoi pas. Apporter sa propre vision de la fiancée et une nouvelle vision du personnage déjà connu n’est pas une mauvaise idée en soi, mais est-ce que ça marche dans l’exécution ? Ça peine à convaincre totalement mais on sent qu’elle a réellement de bonnes intentions en réalisant et scénarisant ce long-métrage.
Positif
- Frank (Christian Bale) est un monstre créé par un savant fou par le passé. Aujourd’hui, il aimerait avoir une femme comme lui car il souffre de solitude. En vrai, on peut le comprendre et ça justifie sa fascination pour Ronnie Reed, grand artiste de son époque. Frank est un monstre qui cherche seulement une compagne qui soit comme lui et qui le comprenne, ce qui va arriver ici malgré qu’il va lui mentir pour des raisons compréhensibles.
- Ida (Jessie Buckley) est la fiancée de Frank. Après un accident qui a provoqué sa mort, elle est ramenée à la vie et semble souffrir de perte de mémoire. Elle est la véritable protagoniste et elle n’est pas inintéressante dans son parcours. Même cette autre personnalité marche (sur le papier) en apportant un certain degré de folie.
- Cornelia Euphronious (Annette Bening) est une scientifique fascinée par Frank et qui veut l’aider dans sa solitude. On sent que ce genre de choses la fascine tout en étant une savante assez intelligente. Après, à part sa fascination pour Frank, il n’y a pas grand-chose à en dire.
- Myrna (Penéloppe Cruz) est une enquêtrice en duo avec Jake, elle cherche à retrouver Frank et Ida et arrêter cette série de meurtres. En vrai, elle a l’air d’être la plus efficace du duo en plus de savoir réfléchir sur des meilleures pistes, plutôt sympathique. C’est juste regrettable qu’elle n’ait pas de réel développement.
- Jake Wiles (Peter Sarsgaard) est un inspecteur qui est chargé de poursuivre Frank et Ida avec Myrna. Il n’y a pas grand-chose à dire sur lui à part qu’il devient un peu plus intéressant quand on en apprend plus sur lui, et pourquoi retrouver Ida l’importe autant.
- Ronnie Reed (Jake Gyllenhal) est un acteur de music-hall réputé que Frank admire beaucoup. On sent venir sa vraie personnalité mais la fascination de Frank envers lui peut se comprendre (en plus d’être incarné par un acteur génial).
- La relation amoureuse entre Frank et Ida est assez bien développée. D’abord le rejet puis l’acceptation petit à petit d’Ida au point qu’ils deviennent un vrai couple mais que certaines thématiques pourrait menacer, à juste titre. Franchement, ce n’est pas passionnant mais ce n’est pas trop mal non plus.
- Les évolutions ne sont pas mal. Entre Ida avec le retour de sa mémoire et la nouvelle personne qu’elle est, Jake avec ses actions et ses regrets ou même Frank à travers sa relation, ce sont des évolutions un peu intéressantes.
- Avoir Ida qui profite de sa vie avant que ça ne dégénère avec une personne qui prend le contrôle, c’est un peu intriguant en vrai. Démarrer de cette manière amène un certain intérêt dans la direction qu’ils vont prendre.
- Il est vrai qu’on arrive à être surpris par certaines choses. On voit venir certains petits éléments mais d’autres un peu plus importantes surprennent dans le déroulé du long-métrage lors du premier visionnage.
- Les costumes sont chouettes. Quel que soit le personnage concerné, on sent que les costumes ont été travaillés et qu’ils arrivent à définir un peu les personnages, même les principaux.
- Le symbolisme marche plutôt bien. Ida pour Frank, Frank et Mary pour Ida, Ida pour et son métier pour Jake, Ronnie pour Frank… Il y a réellement des bonnes idées de symbolisme.
- Le jeu acteur semble s’en sortir correctement. Malgré que ce ne soit pas la meilleure performance de Christian Bale, Jessie Buckley semble bien s’en sortir dans ses deux rôles.
- Les décors sont pas mal. Chaque lieu est assez convaincant pour que le spectateur y croit véritablement. Sans être parfait ou que ce soit le plus important, les décors s’en sortent.
- Les musiques sont plutôt bonnes. Rien de transcendant mais elles s’écoutent bien tout en collant à ce qui se passe à l’écran. Donc oui, les musiques ne sont pas trop mal.
- Concernant la fin, ça marche malgré une certaines interrogation sur laquelle on reviendra. Sinon, dans la manière de conclure le récit, ça fonctionne.
Négatif
- Et si on parlait du plus gros point noir du long-métrage ? Mary Shelley (Jessie Buckley). Vouloir mettre l’autrice de « Frankenstein, The Last Man » n’est pas une mauvaise idée sur le papier. Le problème, c’est qu’elle n’est là que pour réveiller une deuxième personnalité d’Ida à travers une possession. Sans compter qu’elle est énervante, chaque fois qu’elle intervient, on regrette et on a envie de passer ses moments. Navré mais ce personnage est clairement le plus gros point noir du long-métrage, même si elle devait être présente pour des bonnes raisons. Sans compter que ça commence par sa faute, si elle n’avait pas pris possession d’Ida, elle serait encore en vie et ne serait pas devenue un monstre. De toute façon, elle ne fait qu’attirer des ennuis à Ida. Le coup de la double personnalité n’aurait-elle pas marché avec la fiancée seule et sa perte de mémoire qui se retrouve petit à petit à travers certains évènements ?
- Petit conseil, ne promettez pas une histoire plus sombre quand celle-ci ne l’est pas tant que ça ou qu’on a déjà vu bien plus sombre avant. Le Frankenstein de Guillermo Del Toro était bien plus sombre que ce film et nous promettre un film bien plus sombre ici, ce n’était pas la bonne chose à faire. Sans compter que c’est le pire personnage du long-métrage qui nous le propose en plus.
- L’émotion n’est pas au rendez-vous. Pas de réel attachement, pas de réel investissement émotionnel pour un personnage ici, rien. C’est dommage car le coté émotion aurait pu fonctionner avec certains autres choix.
- La mise en scène est plutôt simple en fait. En même temps, ce n’est que son deuxième long-métrage mais on sent que la mise en scène a réellement des difficultés. En tout cas, on a pas de plans réellement marquants.
- Qu’est ce que c’est long ! Vraiment, il ne dure que 2h06 et on trouve le moyen d’avoir des moments réellement trop longs. Peut-être qu’il aurait mieux valu réduire certaines séquences non ?
- La tension n’est pas terrible. On est pas vraiment investi alors il est assez difficile de ressentir de la tension pour n’importe quel personnage. Même pour Ida mais ça c’est à cause de Mary.
- Pourquoi le ton se veut assez sombre dès l’introduction ? Enfin, avec toutes les blagues et la dimension sexuelle qui se dégage chez certains personnages, est-ce réellement le bon ton choisi ?
- La fin n’est pas mauvaise mais elle amène une petite question quand on la voit, même si ça fait une fin pas trop mal (PARTIE SPOIL pour plus de détails).
!!! PARTIE SPOIL !!!
Que le film se conclut par la renaissance des deux amoureux, pourquoi pas. Cependant, vu ce que ça provoque, qu’est ce qui empêche la police de remonter et de leur régler leur compte à nouveau ? Myrna ne pourra pas tous les arrêter seule et, même si Cornelia et sa domestique ont bloqué les portes, par où ils sortiraient ? Après, ça ne gâche pas la fin mais c’est un détail qui nous interroge quand on y réfléchit un peu.
Les moments où on sent que la mise en scène essaye réellement quelque chose, c’est surtout au moment où Frank et Ida s’improvisent serveurs ou que ça part en Music Hall, là on sent que ça s’investit plus.
Apparemment, Cornelia a déjà tenté de ramener son mari à la vie mais ce n’était pas lui, ça explique pourquoi elle n’était pas motivée à aider Frank dans ces circonstances au début.
Au final, The Bride est un film qui peut sembler correct mais qui peine à convaincre sur certains aspects. Encore une fois, on sent les bonnes intentions et l’envie de bien faire de Maggie Gyllenhaal mais son exécution manque encore d’idées intéressantes (pour un deuxième film aussi). Les personnages principaux ne sont pas mal, les décors sont assez sympathiques et la relation se développe d’une manière assez intéressante. Mais bon, ça ne nous fait pas oublier Mary qui est bien énervante et dispensable, le manque de tension et d’émotion, la mise en scène assez simple et la durée un peu trop longue du récit. Donc, c’est difficile de se dire qu’il vaut le coup au cinéma malgré les bonnes intentions de la réalisatrice.