The Bride!
5.2
The Bride!

Film de Maggie Gyllenhaal (2026)

Avec The Bride!, Maggie Gyllenhaal dynamite le mythe de La Fiancée de Frankenstein pour en faire une fable gothique, punk et résolument excessive. La Fiancée n’est plus une créature façonnée pour aimer : elle hurle, se rebelle et refuse d’être un fantasme.


Le film dialogue ouvertement avec Joker: Folie à Deux : même figure de héros solitaire, marginal, tombant amoureux d’une femme déjantée avec laquelle il part en cavale. Cette parenté est renforcée par le fait que les deux films partagent le même directeur de la photographie et la même compositrice. On retrouve aussi l’esprit de Bonnie and Clyde, entre romance criminelle et fuite en avant. La dimension polar noir se mêle par instants au film de mafia ou à la comédie musicale, avec une Créature fascinée par ce genre cinématographique.


Le choix de situer l’histoire en 1930 n’est pas anodin. Il fait un clin d’œil historique au premier Frankenstein de 1931, et à l’âge d’or de la comédie musicale. Mais surtout, le récit s’ancre dans une société patriarcale et rigide, où chaque geste de la Fiancée devient un acte de révolte, donnant au film une dimension ouvertement féministe.


Les personnages féminins apparaissent d’abord éclipsés par leurs compagnons : la Fiancée comme l’enquêtrice semblent définies par les hommes et reléguées à des rôles secondaires. Mais le film suit leur émancipation progressive : elles reprennent le contrôle, affirment leur volonté et imposent leur voix dans le récit.


Jessie Buckley incarne cette énergie avec un jeu physique, explosif et volcanique, et prouve que l’Oscar qu’elle pourrait décrocher pour Hamnet ne serait pas un hasard. Face à elle, Christian Bale apporte un contrepoint plus mélancolique et intérieur. Leur duo fonctionne particulièrement grâce à un contraste très marqué, nourrissant une tension constante entre attraction et rejet.


Visuellement, le film frappe par l’univers baroque et mythologique qu’il déploie. La reconstitution stylisée de l’Amérique des années 1930 impressionne, notamment avec un Times Square éclatant. Les costumes mêlent authenticité d’époque et exagération, accentuant la révolte et l’identité des personnages, tandis que le maquillage et les transformations participent au caractère opéra-gothique de l’ensemble.


Pour autant, le scénario montre ses limites. L’enquête manque de tension et de progression crédible, tandis que l’intrigue liée à la mafia reste anecdotique. L’accumulation d’intrigues et de thèmes finit par alourdir un récit qui aurait gagné à être resserré. Le discours féministe et social qui manque parfois de subtilité. Le côté décousu et surchargé du film s’explique sans doute par les reshoots qu’il a connus : l’ensemble déborde d’idées et d’inventions visuelles, mais tout semble parfois rentrer au chausse-pied.


Malgré ces réserves, The Bride! reste du vrai cinéma généreux. Ses ruptures de ton peuvent déstabiliser, mais elles participent aussi à son énergie débordante. C’est un film clivant, foutraque mais vivant, qui rappelle combien le cinéma peut être flamboyant lorsqu’il ose tout.


https://www.critiquesdunpassionne.fr/

Créée

le 5 mars 2026

Critique lue 18 fois

Critique lue 18 fois

D'autres avis sur The Bride!

The Bride!

The Bride!

3

Sergent_Pepper

3187 critiques

The Dark Bride of the Toon

On pourrait penser que la littérature gothique britannique a le vent en poupe ces derniers temps dans le cinéma mainstream américain, quand on voit The Bride ! succéder au Frankenstein de del Toro et...

le 7 mars 2026

The Bride!

The Bride!

2

La-derniere-seance

194 critiques

Quand Barbie rencontre Frankenstein

Il y a des projets qui sentent la naphtaline avant même d'avoir quitté la boîte de production. The Bride en est le parfait specimen : un Frankenstein décharné qui traîne sa carcasse entre le clip...

le 4 mars 2026

The Bride!

The Bride!

2

Le_Videoclub_

325 critiques

Bride and Prejudice

J'en ai vu des films ratés. Mais alors des catastrophes industrielles comme ça, je suis pas certain. Il faut savoir que le film est bouclé depuis plus d'un an, mais que Warner ne savait...

le 5 mars 2026

Du même critique

Babylon

Babylon

Orgie cinématographique

15 janvier 2023, et déjà la certitude d’avoir vu ce que le cinéma nous proposera de mieux cette année…Damien Chazelle, après m’avoir déjà bluffé avec WHIPLASH et LA LA LAND, livre pour moi avec...

le 16 janv. 2023

L'Âme idéale

L'Âme idéale

Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel

Elsa, médecin d’une quarantaine d’années, possède un don : elle voit et parle aux morts. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre Oscar à la suite d’un accident. C’est le coup de foudre immédiat, mais...

le 14 déc. 2025

Joli Joli

Joli Joli

Une friandise de Noël qui manque de goût…

Cette comédie musicale de Diastème témoigne d'un amour sincère pour les classiques du genre, avec des références marquées à des chefs-d'œuvre comme LES PARAPLUIES DE CHERBOURG ou bien CHANTONS SOUS...

le 26 déc. 2024