J'ai enfin regardé The Chronology of Water de Kristen Stewart et je regrette de ne pas l'avoir vu au cinéma. Tourné en Lettonie, il est librement inspiré du roman de Lidia Yuknavitch. J'ai senti que c'était un vrai film d'auteur, qui transpire le sang, le sexe, l'alcool, la drogue, la violence l'art, l'urgence de créer, le verbe de la Beat Generation, le grunge, ou encore les romans de Christine Angot et de Virginie Despentes. Stewart assume une touche européenne (elle cite Tarkowski), mais également d'autres réalisateurs comme Joachim Trier. Filmé en format 16 mm, le film apporte une esthétique très 90's avec des couleurs très froides et des couleurs chaudes dignes de photos de Polaroïd. N'empêche, c'est une histoire terrible et vraie. Au début, on se baigne dans un bain de sang de tristitude, dans une mer qui ramène les souvenirs qu'elle n'a pu emporter, puis ça se finit dans un lac où il suffit juste de plonger la tête la première et se laisser porter par l'eau, si chère et si apaisante pour Lidia Yuknavitch, et dans la béatitude.