The Creator est le film de SF le plus frustrant que j'ai vu ces dernières années.
Lorsqu'on s'attend à voir un blockbuster hollywoodien de SF, on sait que la checklist suivante va être cochée :
- Des méchants avec des pistolets laser
- Des machines
- De l'action
- Des villes avec de la fumée
- Des voitures qui volent
- Une scène en CG dans l'espace
Mais on m'avait dit "tu verras, il y a de bonnes idées". J'avais donc un peu d'espoir envers ce film. Bien mal m'en a pris. En vérité je pensais qu'il y aurait une petite patte indé, et j'ai été très déçue sur ce point.
Commençons d'abord par ses qualités (car il y en a, sinon vous me connaissez, j'aurais mis 2 ou 3). Les acteurs sont plutôt bons, et investis. Il n'y a pas de fausse note dans leur jeu. Même les enfants sont bien dirigés. Les décors sont jolis, bien trouvés, on s'y croit, on ne détecte pas trop les images de synthèse qui sont bien intégrées. Le rendu est donc plus qu'acceptable. L'idée de départ de l'univers est elle aussi intéressante (quoi que mal exploitée, mais nous allons y venir).
Les scènes d'actions sont compréhensibles, bien que peu spectaculaires et pas très inventives.
Et ... (attention spoiler)
Les américains sont les méchants.
Ce qui ne va pas : tout le reste. Le scénario a de très nombreuses incohérences, par exemple dans la construction de l'univers.
Les IA se comportent comme des humains, imitant la démarche d'une grand mère. Les pouvoirs de l'enfant robot qui sont à portée et géométrie variable...
et le pire, certaines péripéties ne se tiennent pas, ce qui rend le visionnage parfois pénible.
Oui bien sur, dans le vaisseau-arme des américains, on trouve des robots de leur pire ennemie avec le visage de leur pire ennemie. BUT WHY FUCKING WHY ?
Mais également, et c'est ce que je déteste le plus, les personnages disent ce qu'ils font, dans le genre :
- Oh, je suis en train d'arriver.
On l'a vu enfin, pas besoin d'insister, tu as des jambes, tu viens dans la pièce, bref arrête de commenter ce qui se passe dans le film, on est pas devant un match de foot !
La qualité des dialogues est donc assez médiocre, ponctuée de phrases faussement profondes.
Tout ceci m'a conduite à ne pas m'attacher aux personnages (pourtant j'aurais bien aimé apprécier ce film et les acteurs sont bons en plus, quand ils ne pleurent pas une unique larme de glycérine).
Bref, je suis ressortie de la salle très frustrée. D'autant que j'ai vu le vieux Rollerball de 1975 il y a quelques jours et que ce film pourtant pas très explicite, ni exceptionnel, était plus intéressant sur le fond que The Creator. Cela me fait regretter l'âge d'or de la SF.
Pour finir par une note positive, je terminerai par dire qu'il avait dernière qualité indéniable : il n'était pas ennuyeux. Le rythme n'était pas exceptionnel, mais sans les défauts liés à la construction et au scénario, je n'aurais pas décroché et me serait laissé au moins porter par les ambiances. Cela reste globalement une déception.