Je me suis demandé pendant les quarante-cinq premières minutes ce que je faisais là... Ambiance de film d’action américain, forces spéciales et tout le toutim, canardages incessants, bande-son assourdissante... Comme souvent, je m’accorde une heure avant de jeter l’éponge. Les scènes de baston se calment (elles reviendront par cycles réguliers) et l’intrigue se développe un peu. On commence à comprendre les règles et l’historique de cette coexistence violente entre êtres issus de l’IA — il y a quelques décennies, on aurait dit “robots” — et humains.
Malheureusement, tout est survolé. Le propos n’aura rien de philosophique : aucune réflexion, aucune profondeur. Cette cohabitation s’inscrit uniquement sur un mode martial, sans qu’on sache précisément ce qui a déclenché cette guerre sans pitié. Les deux camps restent figés dans des positions bien manichéennes : les IA, aspirant à la paix et au vivre-ensemble ; les humains, agressifs et dominateurs.
L’apparition de cette jeune IA, touchante il est vrai, remplit bien sa mission : introduire un peu de sentiment et de douceur dans ce monde futuriste sec et bruyant. Une IA à l’allure de moine bouddhiste, dépositaire d’une sagesse dont les humains semblent dépourvus. Faut-il comprendre que, dans ce futur violent, l’humanité s’est rapprochée de la barbarie, et que le bonheur réside désormais dans l’évolution de la technologie ?
L’absence de finesse de ce blockbuster tranche singulièrement avec la beauté des images : paysages grandioses, visages mécaniques fascinants... Impeccable sur le plan esthétique et technique, mais complètement à la ramasse côté scénario.