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The Dig Picture
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le 22 févr. 2023
Film de Spielberg sur Spielberg. Enfin pas tout-à-fait puisqu'en toute modestie, c'est un film de Spielberg sur Fabelman. Mais comme tout le monde dit que c'est un biopic, je vais le prendre tel quel …
J'ai voulu le voir par esprit de contradiction car un de mes éclaireurs en a fait de la bouillie, du film. Je ne sais plus lequel de mes trente-neuf éclaireurs mais j'ai des soupçons sur deux (au moins) qui ont la dent parfois dure … On verra ça une fois mon commentaire "posté" …
Quel suspense !
Bon, ben, globalement, je n'ai pas non plus tellement aimé.
La première question qui n'a cessé de me tarauder pendant le visionnage du DVD : est-ce que ce film était utile ? Est-ce que Spielberg avait besoin de nous montrer que sa famille était ordinaire ? Est-ce que Spielberg avait besoin d'étaler au cinéma les problèmes intimes ou familiaux (sa mère qui trompe son mari avec son meilleur ami, sa mère qui n'est jamais qu'un enfant gâté malgré ses quatre enfants, son père rêveur et faible) ? Est-ce que Spielberg avait besoin de montrer que son génie date de sa plus lointaine enfance ?
C'est vrai que je ne suis pas un grand fan des biopics et encore moins des autobiopics (mot qui n'existe probablement pas) … Si je fais un tour rapide de ce que je connais, je prends l'exemple de Pagnol avec ses souvenirs d'enfance. D'abord, il s'est contenté de les écrire et a eu la décence de ne pas vouloir démontrer que son avenir était "écrit" dès l'enfance. Lors de son enfance, il était un gosse avec des gestes de gosse et des rêves de gosse. Ce n'est qu'après sa mort qu'Yves Robert mettra en scène les livres de Pagnol. Verneuil, quant à lui, a écrit puis mis en scène son enfance dans "Mayrig". Là encore, rien ne présuppose sa vie d'adulte sinon que c'est l'adulte qui s'émeut de souvenirs d'enfance. Pagnol et Verneuil ont "monté" leur enfance en un vibrant hommage à leurs parents et ont gommé ce qu'il y avait lieu de gommer. Avec des yeux d'adulte qui retrouvent leur regard d'enfant. En générant surtout une grande empathie chez le spectateur.
Le but de Spielberg m'a semblé tout autre : son enfance a démarré le jour de la séance du "plus grand chapiteau du monde" de De Mille pour devenir un long chemin initiatique jusqu'à la rencontre de John Ford, à Hollywood. Le chemin est parsemé de divers évènements familiaux ou intimes, d'incidents de parcours (antisémitisme au lycée californien) avec comme fil rouge cette volonté de créer ses propres films, de coucher les souvenirs sur la pellicule. Le film n'a pas généré, chez moi, beaucoup d'empathie. Peut-être parce qu'il m'a laissé au milieu du gué.
Sur une rive, la véritable enfance avec les cachotteries, les tendresses, les conneries avec les copains, les relations pas toujours simples parent-enfant, que sais-je ! qu'on perçoit ici de façon diffuse et sporadique.
Et sur l'autre rive, ses bouts de films fort élaborés dont justement je n'ai pas perçu de véritables difficultés ni leurs solutions (à part les coups de feu simulés par un trou d'épingle dans la pellicule). Son enfance est donc assez lisse, j'oserais dire. Je comprends que c'est un vrai petit génie qui réussit tout ce qu'il entreprend et dont je ne m'étonnerai pas qu'il soit devenu un grand cinéaste.
La seule vraie séquence d'émotion, c'est celle où il fait visionner à sa mère les bouts de films qui montrent sa probable liaison avec Benny. Et là encore, la scène relève d'un procédé d'adulte. Je n'imagine pas bien un gosse et même un adolescent avoir cette approche.
Une scène m'a quand même amusé. C'est celle où le jeune Sam est dans la chambre de sa copine, chrétienne, avec un énorme crucifix en tête du lit, entouré de loupiotes. Moi, j'aurais eu peur que ce machin se décroche du mur au mauvais moment, dans un grand mouvement de justice immanente pour mes pensées coupables.
Quant au casting, je ne connais pratiquement pas les acteurs.
Honnêtement, aucun ne m'a réellement ébloui. Le rôle de la mère est tenu par Michelle Williams qui, elle, m'a gavé vite fait sur le gaz. J'avais déjà vu cette actrice dans "the greatest showman" que je n'avais guère apprécié non plus (le film et le personnage).
Ah si, un acteur m'a bien plu, c'est David Lynch dans le rôle de John Ford avec sa théorie sur la position des horizons et son gros cigare : ça fera + un point pour la note finale …
C'est quand même assez maigre pour un film de deux heures et demi.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de Steven Spielberg et Les meilleurs films de 2022
Créée
le 11 févr. 2024
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