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Dans la vie, j’ai besoin de repères. De savoir un minimum qu’il y aura des invariants. Ce film m’a malmené en jouant admirablement sur la perversion des invariants. Insidieusement, délicatement, le film dissémine ses indices, ses repères, pour mieux troubler ceux d’Anthony et des spectateurs. Construire pour mieux déconstruire. Se retrouver dans le même état qu’un vieil homme malade.
The Father, un éternel recommencement.
Le film enferme, oppresse. Par des touches, des détails obsédants qui, de fait, dépassent leur statut de détail pour devenir le cœur et le cerveau qui me guide. Par des meubles au motifs labyrinthique, des couloirs comme partout, un tableau…La montre que chacun a en tête se détraque. Lui, cherche la sienne, comme tous les jours. Les mots se répètent, cruellement. Les actes se répètent continuellement.
L'évolution angoissante d’Anthony : de moins en moins autonome, de plus en plus perdu, il peine à s’habiller seul. Il se cache derrière des sarcasmes et de la méchanceté quand il fait son show et parvient à nous être sympathique malgré tout. Malgré tout, il est humain, perdu mais humain. Il s’accroche à ces détails, à ce passé qu’il chéri. À cet égard, et même si le coup de la deuxième fille peut paraître éculé, il n’empêche, ça fonctionne car The Father se veut efficace sur la durée.
Une phrase, un poulet qui cuit… quand les variations sont visibles, le spectateur est pris au piège, forcé de reconnaître la dégradation progressive de cet homme. Et moi, de la ressentir.
Malgré cela, The Father exprime admirablement bien, aidé par ses acteurs (on pourrait lui reprocher qu’Olivia Colman et Anthony Hopkins c’est tricher, reste qu’ils excellent), le désespoir des proches d’Anthony. En fin de compte, et malgré ce travail sur le rythme, les détails et l’évolution de la maladie, c’est bien le personnage d’Anne qui me reste : montrée comme impuissante elle doit se résoudre. C’est là tout le drame des proches des malades. Se résoudre à voir se dégrader l'état physique et mental de ceux qui ont tant fait pour eux…
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Créée
le 1 juin 2021
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