The Furious est le genre de film qui ne perd pas une seconde. Dès l'ouverture, avec cette séquence d'enlèvement sur un camion lancée à toute vitesse, on comprend que le réalisateur n'est pas là pour faire dans la demi-mesure. C'est spectaculaire, incroyablement physique, et porté par un acteur principal muet. J'ai trouvé ce choix très malin : il évite des dialogues souvent assez faibles et laisse les gestes, les regards et les combats raconter l'histoire.
L'intrigue est plus maligne qu'elle n'en a l'air. D'un côté, Wang Wei remue ciel et terre pour retrouver sa fille enlevée. De l'autre, Joe Taslim incarne Navin, un journaliste qui recherche sa femme, disparue alors qu'elle enquêtait sur un réseau de trafic d'enfants. Le spectateur comprend rapidement que leurs destins sont liés, mais eux l'ignorent encore. Cette méfiance nourrit un affrontement particulièrement réussi avant qu'ils ne réalisent qu'ils poursuivent en réalité les mêmes responsables. C'est ce qui donne au film une vraie dimension émotionnelle : derrière les coups et les cascades, il y a deux hommes qui n'ont plus rien à perdre.
Et des affrontements, il y en a. Les chorégraphies sont souvent sidérantes, l'engagement physique des acteurs impressionne de bout en bout et certaines séquences relèvent presque de l'exploit athlétique. On sent que chacun donne tout, et cette énergie est franchement communicative. Le film n'oublie jamais totalement ses personnages, ce qui permet à l'action de conserver un véritable impact.
En revanche, j'ai fini par trouver que le film voulait toujours en faire davantage. Les combats s'étirent, les affrontements deviennent de plus en plus extravagants et le dernier duel pousse la surenchère très loin. C'est spectaculaire, parfois jubilatoire, mais à force de recevoir autant de coups, j'avais presque l'impression que c'était moi qui me faisais tabasser dans mon fauteuil. Une vingtaine de minutes en moins et quelques affrontements un peu plus resserrés auraient, à mon sens, rendu l'ensemble encore plus percutant.
À plusieurs reprises, The Furious m'a d'ailleurs fait penser à Project Wolf Hunting. Pas parce que les deux films racontent la même histoire, mais parce qu'ils partagent cette envie d'aller toujours plus loin dans la violence et l'excès. La différence, c'est que The Furious parvient à préserver une vraie émotion grâce à ses personnages, là où beaucoup de films du même genre oublient complètement l'humain.
Il y a forcément une filiation avec The Raid, que je continue malgré tout à préférer. Je le trouve plus tendu, plus maîtrisé et plus constant dans sa montée en puissance. The Furious choisit davantage l'excès, ce qui fonctionne souvent, mais finit aussi par devenir un peu répétitif.
Malgré cette réserve, ça reste un vrai spectacle de cinéma. Une expérience physique, généreuse et particulièrement impressionnante, qui mérite largement d'être découverte sur grand écran.