Vendu comme l’énorme nouvelle sensation du cinéma d’arts martiaux venue d’Asie, « The Furious » était attendu au tournant. Tous les dix ans, ce genre de petite bombe auto-proclamée débarque pour satisfaire les afficionados de combats à mains nues et de castagne défiant les lois de la gravité. On a eu, entre autres, « Ong-Bak » qui avait révélé Tony Jaa il y a vingt ans ou la saga « The Raid » qui avait fait de même avec Iko Uwais. Surtout, la suite de ce dernier, tout simplement appelée « The Raid 2 » avait mis la barre si haut par sa maestria technique et visuelle à tous niveaux - au point de nous laisser littéralement KO – qu’il semblait difficile de faire mieux ou d’égaler ces deux heures et trente minutes de fureur et de bruit. Car, en plus de nous scotcher avec des combats proprement incroyables et d’une violence inouïe, il y avait aussi des courses-poursuites et fusillades d’une puissance dingue. On a aussi eu « The Night comes for us » avec Joe Taslin (que l’on retrouve ici) et Iko Uwais ou encore la claque française « Farang ». Alors, « The Furious » mérite-t-il la réputation qui l’a précédé? La réponse est oui. Dépasse-t-il ses illustres modèles? La réponse est non, tout au plus parvient-il à en égaler certains. Mais « Farang » et surtout « The Raid 2 » demeurent intouchables.
Déjà contrairement au film de Gareth Evans, au script très complexe et travaillé, « The Furious » souffre d’un gros problème de scénario. C’est ni plus ni moins qu’un copier-coller de « Taken ». Et le postulat de départ est le même que tous les « John Wick », « Equalizer » et cie. Une gamine en détresse, un père qui fera tout pour la retrouver (ici il est muet mais cela n’apporte rien au film), des policiers corrompus et un réseau de trafic d’êtres humains qui apparaîtra moins folklorique depuis l’affaire Epstein. C’est certes efficace mais ce n’est pas au niveau de l’intrigue que l’on va être captivé ou surpris. C’est linéaire et programmatique au possible et chaque séquence d’action surpasse la précédente en spectaculaire un peu comme dans un jeu vidéo. Et notons que la séquence finale, aussi folle soit-elle, est peut-être un peu trop longue. On aurait presque le sentiment que les avis généraux se focalisent peut-être un peu trop sur ladite séquence, le reste étant à postériori moins incroyable ou un peu plus déjà-vu.
Parlons-en de cette fameuse séquence de combat a quatre puis cinq de près de vingt minutes. Titanesque, dantesque et presque ubuesque, elle nous scotche à notre siège. En faisant combattre cinq personnes aux alliances diverses, « The Furious » nous propose un véritable ballet de violence, de coups et d’acrobaties comme on en a rarement vu au cinéma. Le côté extrême et sensiblement improbable de cet affrontement est contrebalancé pas la forme de beauté qui naît de cette chorégraphie. Il y a un aspect presque magique à observer ces échanges de coups sans concession. C’est donc un must que cette séquence et elle fera date, sans aucun doute. Avant cela, il y a bien sûr plusieurs autres bonnes séquences d’action mais c’est donc surtout celle-là que tout le monde retiendra. Voilà un film d’action à l’américaine dans sa mise en scène qui souffre aussi de quelques approximations dans l’interprétation et d’une fin niaise mais qui produit ce qu’on attend de lui. C’est certes excellent dans le genre mais sans être magistral comme on l’attendait en comparaison des quelques illustres modèles cités plus haut.
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