Qu'on se le dise : Guy Ritchie n'est jamais aussi bon que lorsqu'il réalise des films de gangsters à l'attitude peu recommandable et à l'accent prononcé. Pour preuves : j'ai appris tout récemment qu'il avait été derrière la dernière adaptation d'Aladdin avec Will Smith et c'est à peine si ça a éveillé mon intérêt, plus par étonnement que par envie.
Bref, revenons à nos moutons. Ou plutôt nos gentlemen.
Le film est de manière générale assez plaisant à regarder, autant pour son casting d'acteurs-trices chevronné(e)s et à l'aise avec leur rôle respectif que pour la plastique du film en lui-même.
À ce sujet, Guy Ritchie s'amuse de toute évidence, notamment avec le motion design, soit pour amener un aspect moderne, soit par pure lubie technique (quitte d'ailleurs à en faire trop, notamment avec le clip de rap qui semble hautement improbable au premier coup d’œil).
À l'instar d'Arnaques crimes et botanique (dans lequel il est d'ailleurs déjà un peu question de cette chère Marie-Jeanne) ou de Snatch, le film se plaît à aligner les personnages hauts en couleurs au langage peu châtié et violents à souhait. Un film qui a tout pour être plaisant donc.
Le problème, c'est que la sauce prend quand même bien moins facilement que dans ces deux films là.
En effet, la narration semble bien plus brouillonne que dans ces deux films, alors même que durant toute la première partie consiste en une série d'événements passés qui nous sont racontés par l'intermédiaire du personnage de Hugh Grant. De plus, ce personnage dévoile une volonté de narration méta qui persistera jusqu'à la fin, une idée plutôt plaisante bien qu'un peu convenue.
Cela n'empêche pas la narration de sembler nébuleuse (peut-être volontairement pour mieux la décanter durant la dernière partie) et demande donc un certain effort pour bien suivre à la fois l'évolution de l'histoire et l'arrivée de nouveaux personnages qui semble incessante durant la première partie du film (des personnages qui sont loin de sembler tous nécessaires), le tout noyé dans une série de dialogues bien écrit mais qui ressemble parfois plus à des privates jokes et ne font ainsi pas toujours mouche.
Un certain effort donc, mais un effort qui joue en défaveur du film car il ne semblait pas être nécessaire face aux films suscités (Arnaques... et Snatch) ou pas de manière aussi importante.
Bref, la situation, se rattrape durant la dernière partie mais il reste néanmoins un goût amer d'inachevé.
Ma scène préférée
le chantage fait au personnage dEddie Marsan (Big Dave dans le film), un chantage que l'on pourrait également qualifier de lune de miel avec une grosse cochonne, littéralement !