Habitué des films de Scott Derickson depuis l'inconique Sinister, j'ai évidemment été vite intrigué à l'annonce de son nouveau film porté par un duo d'acteurs bankables mais qui savent souvent nous surprendre, où du moins, assurer le spectacle lorsque le scénario fait défaut. Les premiers retours positifs ne pouvaient d'ailleurs que garantir un bon moment.
Comme à son habitude on s'attarde peu sur les séquences introductives, des héros forts mais solitaires luttant contre leurs propres maux ne peuvent qu'attiser la sympathie du public. La rencontre singulière de ces deux protagonistes couplée au mystère entourant la sinistre gorge font des 30 premières minutes du film un vrai moment de plaisir qui nous fait de suite rentrer dans le film.
Selon moi le mystère de la gorge fait la force mais aussi la faiblesse du film. Une fois la vérité découverte, le film entre dans une deuxième phase davantage focalisée sur la survie des héros qui semblent protégés par leurs capacités intrinsèques mais aussi par certaines facilités scénaristiques ayant souvent pour but de renforcer davantage leur interdépendance et provoquer l'émoi chez le spectateur .
L'absence de rebondissement important laisse un goût d'inachevé tant le matériau de base semblait prometteur. La découverte d'une pseudo-armée de soldats zombies génétiquement modifiées apparaissent comme vu et revu et n'ont pas su provoquer les émotions et la surprise que j'attendais.
L'intervention des forces ennemies à la fin du film composées (d'un seul) hélico de combat, quelques drones et d'une Sigourney Weaver désormais incapables d'esquisser la moindre émotion à l'écran n'ont fait qu'accentuer ma déception globale. Dommage car le véritable ennemi des héros semblaient mieux armés que ça pour protéger leur secret...
Le spectacle reste néanmoins au rendez-vous avec des acteurs et des effets spéciaux efficaces. Mais, à l'image des films d'actions et thriller Netflix, les productions streaming ont souvent les meilleurs idées mais une fâcheuse tendance (où la contrainte) d'assurer une fin facile pour favoriser le rewatching. Dommage car il y avait matière à faire mieux.