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La force du film du danois Gustav Möller réside en ce principe simple de ne presque rien montrer, ou plutôt de nous faire voir l'action par la suggestion. The Guilty est un huis clos dans le centre d'appels de la police, et les situations auxquelles on assiste ne sont restituées que par la voix, à destination et au départ de l'opérateur, Asger Holm (joué par Jakob Cedergren).
Pour ceux qui ont pu voir (ou, plutôt, lire, puisqu'il ne s'agit que de texte et de son) Calls, la série de Canal +, le long métrage reprend sensiblement les mêmes codes mais s'attache cette fois à mettre en scène l'un des deux côtés d'un dialogue. Les gros plans sur Jakob Cedergren s'enchaînent donc les uns après les autres, à mesure qu'il reçoit des appels de détresse. Et c'est à l'occasion de l'un d'entre eux qu'il revit en parallèle un passé qui l'a mené ici, et qui le mènera au tribunal le lendemain.
Même s'il est difficile de tenir en haleine un spectateur avec des plans fixes, surtout sur un format d'un peu moins d'une heure trente, Möller, bien aidé par la très bonne partition de son acteur, parvient malgré tout à captiver son audience. Que ce soit en distillant les informations de façon régulière jusqu'aux révélations finales (qu'on peut néanmoins déduire avant), ou en filmant Jakob Cedergren se transformer au fil du temps, le jeune réalisateur réussit à nous diriger là où se pose la réflexion suggérée par le titre.
The Guilty, comme son nom l'indique, scrute toutes les manifestations de la culpabilité. Qu'elle soit morale ou physique, évidente ou cachée, elle apparaît inlassablement et résonne chaque seconde en Asger Holm. Le policer, casque de communication sur la tête, court tantôt après une proie, tantôt après ses propres démons. Il prend conscience de ses actes, mais semble être prêt à les réitérer la seconde qui suit. C'est à travers le suspect qu'il traque qu'Asger nous plonge irrémédiablement dans les méandres de son propre tiraillement. Et si, nous aussi, nous étions coupables ?
Note : 8,5/10
Créée
le 24 juil. 2018
Critique lue 231 fois
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