..."What is it that changed you?"
"The opening of the Zanzibar"; "Combien d'allumettes?"...
Encore une pépite de la chaîne DRIVE IN MOVIE CHANNEL: elles valent le coup ...d'oeil.
Le Vol était presque parfait:
Quasi comme d'habitude, je commence ce film au hasard sans lire résumé et j'avoue que j'aime et passe un meilleur moment ici que dans mes visionnages habituels en moyenne.
Sans plaisir, un homme s'introduit dans un appartement de voisine pour lui voler l'argent dont il a besoin, "pour mon loyer pour mon loyer", criera t il plusieurs fois quand elle le découvre. Elle était endormie à côté du sac qu'il fouillait. Il lui demande de se taire en lui bouchant la bouche, et comme dans 'Le crime était presque parfait' d' Hitchcock, elle étend son bras dans la lutte, ne tombe pas sur une paire de ciseaux brillantes...mais bien sûr sur une grosse cuillère sur sa table de nuit.
(ce qui me rappelle que pour moquer les niknaks et portes-chances que mes camarades de lycée apportaient les jours d'examens et posaient sur leur bureau...qui, un p'tit nounours, qui, un bracelet...le surveillant de la salle d'un bac blanc avait ralenti sa ronde à l'approche de ma table de petit con ironique, car il y trônait une énorme ...louche de cuisine, plus grosse que la pipe que sort Chris Waltz dans Inglorious Basterds...que ma mère m'avait vue emprunter et mettre dans mon cartable...je serais curieux de lire mes dossiers scolaires)
Donc une grosse cuillère sur une table de nuit ne m'est pas plus étonnante que la grosse louche à côté de ma trousse à l'école.
Avec sa grosse cuillère à soupe, la volée tente de poignarder le voleur dans le dos comme dans 'Le crime était presque parfait' ...puis elle lui plante finalement dans l'oeil qui en ressort et pendole comme le contenu d'un escargot.
(ce qui me rappelle que maman nous faisait ses propres glaces et avait une cuillère pour former des boules de glace.)
Le voleur s'enfuie jurant peut-être, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
Il retient le morve coulant de son orbite, comme Mr Bean retient pendolant de son nez dans le sketch où il éternue trop fort à l'église alors que sans mouchoir...la pelotte de morve pendule sous sa narine , comme ici l'oeil fait guirlande et boule de noël sur la joue du voleur qui arrive à descendre dans la rue par l'échelle de sortie de secours...il passe toute la scène à nous rappeler où il est blessé et à crier aux passants arrivant "mon oeil mon oeil"...
même sans Brevet de secouriste, je pense que les passants avaient deviné sa blessure.
Le Courjault des yeux:
On retrouve notre voleur des mois après, chez lui, borgne, avec un cache-œil sur l'œil manquant.
Il parle à son oeil arraché ...congelé.
Il se fabrique des yeux, apparemment avec des oeufs.
Mais son hygiène n'est pas celle de l'expert des yeux de Réplicants dans Blade Runner, lui en combinaison...car notre cyclope clope en travaillant et dépose la clope à côté de l'oeil.
Il décide alors de collectionner de vrais yeux...
Commence alors une série chasse et arrachage d'oeil sanguinolents.
Une belle brochette de personnages.
Mon préféré étant une sorte de producteur à la Robert Evans, dont je conseille les mémoires lues par sa voix rocailleuse (il apparait dans la série the Offert joué par Matthew Goode)
Il tue aussi un couple du genre que rencontrent les drag queens dans Tenue de soirée.
Au début du film, il y a une scène hommage à 'Le crime était presque parfait' , il tuera plus tard une vieille parlant de lifting (à tort) en l'étranglant où elle est filmée en gros plan, façon Frenzy (sortie l'année d'après?).
Une scène me rappelle Hi mom! de de Palma sorti la même année: un journaliste interview les voisins d'une victime dans la rue...et soudain on repère notre tueur dans la foule des badauds (fondu dans la foule façon Où est Charlie sans les ...lunettes).
J'ai cru reconnaître Jeff Goldblum à la 27e minute interrogé dans la rue?.
(tous ces yeux, me rappelle aussi le cabinet plein de yeux de Jean-Claude Brialy chez Claude Chabrol et ses Inspecteur Lavardin...).
Le personnage est immonde: il vole, se fait blesser et c'est lui le plus mécontent et il fait alors payer des innocents qui ont rien à voir avec sa douleur (une bonne recrue pour le Hamas).
L'acteur est selon moi pas nul du tout: encore un acteur dévoué comme dans Death Screams ou surtout L'auberge des damnés où des acteurs se donnent à fond, sérieusement, sans nous faire savoir qu'ils sont au dessus de ce qu'ils jouent etc.
Je découvre après que cet acteur qui m'a tapé dans ...l'oeil (arf arf) s'appelle Bo Brundin et que je l'ai croisé notamment dans le bon The Offence avec Sean Connery.
Bo Brundin joue sérieusement: il se fiche que le film soit pauvre (son dévouement me rappelle celui de Tewfik Jallab dans 'Sun').
J'aime les films pauvres mais qui par la passion des artistes dépassent leur budget (cf oeuvres notamment d'Arthur Dunwich et bien d'autres)
Je déteste les films riches qui se reposent sur leurs lauriers et privilèges (eg. Busan 2/Peninsula).
J'y connais rien, mais j'aime que les meurtres, quoique violents et dégueulasses comme tous les meurtres, ne sont PAS filmés de manière ordurière comme dans Peter pan's neverland nightmare ou Saw 11/Hostels 12.
Reste que l'homme à la hache, semble ici remplacé par l'homme au marteau...
Qui vole un oeuf/oeil, vole un boeuf: il tue d'ailleurs parfois ses victimes comme des boeufs!
(et le film se termine dans un abattoir...)
Quoique que les effets spéciaux soient aussi pauvres, il y a une sorte de lenteur très efficace et crédible dans les assassinats par ce fou se vengeant de la violence qu'il a subie.
Il est devenue parano tueur.
Il parle de lui à la troisième personne...comme dans Split, le tueur lui est un autre.
J'ajoute que comme Jacques Villeret dans le Diner de cons, notre borgne est devenu artiste: "Combien d'allumettes?" demande à toutes ses victimes le passionné de sculptures en allumettes dans le Francis Veber, ici, il pourrait demander "Combien de yeux" puisqu'il crée des oeuvres avec les yeux collectés dans ce film d'un "Kent Bateman" que wiki me dit papa "de Jason Bateman".