Dernier film d'O. Preminger.
Denonciateur mais pas moralisateur. Assez attachant quant son coté plutot intimiste en plein contexte de guerre froide. Ici pas d'espions à cent à l'heure, de chasse à l'homme débridée de meutres machiavéliques. Pourtant le fond est là : ecoutes, suspicions, meutre, exfiltration.... mais dans un contexte plus "vie de tous les jours", avec un espion double dont on suit la vie de couple au jour le jour.
Pour moi, là réside l'intérêt (le seul? car sinon l'histoire est banale en soit, surtout à l'époque) de ce Human Factor.
La dénonciation du racisme ordinaire (vis à vis deSarah/ Iman, la femme noire de Maurice), dénonciation de l'accusation gratuite (les chefs décident de qui est coupable, sans preuves tangibles), des petits arrangements entre têtes pensentes (invitations aux parties de chasses), un certain détachement vis à vis des enjeux (les elites prennent cela quasiment comme un jeu), sont aussi plutot non conventionel dans ce genre de film.
Les acteurs sont bons le cas de Nicol Williamson (Maurice, en agent double mais à la vie plutot rangée) et surtout Robert Morley, (en vieux médecin un peu libidineux mais très british lord), exquis dans son rôle.
Je suis moins convaincu par les prestations d' Iman (mais elle n'est pas actrice professionnelle, et compense par sa prestance et sa beauté plastique de mannequin - elle sera la femme de David Bowie dans la vraie vie) et de Richard Attenborough.
Le film, sorti en 1979, n'a pas rencontré le succès en salles, pourtant, sans être le moins du monde exceptionnel, il vaut largement certains autres des films de O Preminger.