The Indian Runner
7.1
The Indian Runner

Film de Sean Penn (1991)

Un premier film poignant mais étouffé par ses ambitions

  • The Indian Runner, le premier long-métrage réalisé par Sean Penn en 1991, est une œuvre viscérale et poétique qui me laisse une impression profondément divisée. Librement inspiré de la chanson Highway Patrolman de Bruce Springsteen, ce drame poisseux sur la rivalité de deux frères dans l'Amérique rurale des années 1970 possède un charme indéniable, mais il s'embourbe bien trop souvent dans ses propres intentions.
  • ​Ce qui m'a d'abord séduit, c'est la mise en scène brute de Sean Penn. S'inspirant du cinéma indépendant des années 1970 (notamment Hal Ashby et John Cassavetes), sa caméra colle au plus près des visages pour capter la détresse psychologique de ses personnages, privilégiant la vérité du jeu d'acteur. Les performances du duo principal m'ont totalement captivé : David Morse apporte une vulnérabilité touchante au rôle du frère policier et protecteur, tandis que Viggo Mortensen est incandescent d'intensité en vétéran du Vietnam autodestructeur et imprévisible.
  • ​Sur le plan technique, la photographie d'Anthony B. Richmond est un atout majeur. Ses teintes chaudes mais délavées et son usage saisissant de la lumière naturelle magnifient les grands espaces du Nebraska tout en renforçant l'impression d'isolement intérieur des protagonistes. Côté musique, la partition originale de Jack Nitzsche et les envolées à la guitare slide de David Lindley distillent un blues mélancolique parfait, très bien complété par des classiques d'époque (Janis Joplin, Creedence Clearwater Revival) qui apportent une vraie authenticité.
  • ​Cependant, le film souffre de défauts narratifs majeurs. Le scénario écrit par Penn privilégie des métaphores trop lourdes et un symbolisme appuyé sur la fatalité qui finit par alourdir le récit. La narration pâtit d'un rythme pesant : de nombreuses scènes s'étirent inutilement et les temps morts finissent par plomber la tension dramatique au lieu de la nourrir.
  • ​Malgré la beauté de son atmosphère et la puissance de ses comédiens, The Indian Runner manque d'une vraie rigueur d'écriture pour devenir le grand chef-d'œuvre crépusculaire qu'il ambitionne d'être. Un premier essai habité et prometteur, mais trop imparfait : 6/10.
DirtyVal
6
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il y a 7 jours

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