Au regard du grand calendrier cosmique cher à Carl Sagan qui ramène les quatorze milliards d'années de l'univers à un calendrier classique d'une année, l'extraordinaire amas de cellules qui se prend pour nous ne dure qu'un moment infinitésimal: 0,2 secondes pour ceux qui auront la chance de vivre centenaires. C'est là toute l'étendue de nos vies.
C'est si peu, et tellement en même temps. Parce que cet arrangement si particulier qui nous constitue est unique. Jamais plus les atomes de tout l'univers ne s'organiseront de cette manière extraordinairement bizarre.
Il paraît que c'est la manière qu'à trouvé l'univers de s'incarner pour se regarder lui-même... et pour danser. Et cette danse est d'autant plus belle qu'elle devra s'arrêter. C'est ce qui lui donne toute sa force et tout son sens.
La nouvelle de King parle de notre finitude et de l'infini qui y est pourtant contenu. Il y parle de la vie, de la mort, des moments qui nous déterminent, des souvenirs, des relations qu'on tisse, et des mondes, de l'univers complet même, que chacun d'entre nous contient.
Mike Flanagan emboite le pas au maître de Bangor et nous invite dans son film le plus réussi à faire quelques pas sur la piste avec lui et Chuck pour partager un moment d'émotion. Et cette danse à l'avantage de ne pas être de ces sortes de chorégraphies recyclées, répétées ad nauseam, faites de remake de vieux mambos ratés , de suites indigentes cherchant à surfer sur le succès des danseurs merveilleux du passé ou de reboot affligeants cherchant à nous entraîner dans une farandole que même Bezu aurait honte de chanter.
Et on se surprend à se lever et à se déhancher avec lui sous les étoiles pour quelques microsecondes pendant lesquelles on se sent extraordinaire... Sans doute parce que pour un instant, on l'a été.