Fidèle au reste de sa filmographie, ce nouveau film de Kelly Reichardt développe un récit à contre-courant de tout spectacle en s'attachant plutôt à de petits éléments discrètement poétiques. Bien que j'ai beaucoup aimé First Cow, Old Joy et La Dernière piste pour cela, dans ce nouveau cru, comme dans Showing Up, j'ai trouvé qu'il y avait un manque de matière. Le récit s'attache à déconstruire le mythe du braqueur de génie en montrant tous les petits moments ridicules de la planification, la réalisation puis de la fuite. Cela n'a pas fonctionné sur moi car le film repose en grande partie sur des petits gags s'attachant au ridicule de toute l'affaire, et ils ne m'ont pas fait rire tant je voyais leur mécanique. Une fois débarassé de ses éléments comiques, le film est alors très vide. Le temps est long et les personnages ne sont pas inintéressants mais ils manquent de développement pour être véritablement attachant. Le choix de l'époque dans laquelle se déroule le film n'est pas inintéressant, elle inscrit le personnage principale dans une vague contestataire vis à vis du régime politique des États-Unis des années 70 alors que lui ne semble pas se sentir concerné. Dans sa fuite il se retrouve malgré lui avec des objecteurs de conscience et militants, bien plus animé par de convictions et des passions qu'il ne l'est, alors qu'à la base il a simplement cherché à se faire de l'argent facile. Une dualité cocasse et plutôt bien trouvée. Malgré cela le film reste répétitif, long et prévisible, ce qui n'en fait pas une expérience notable.