The Mastermind parvient au triste exploit d’être un film de braquage où la seule chose véritablement dérobée, ce sont deux heures de notre existence. La mise en scène confond constamment réalisme et ennui : sous couvert de minimalisme, Kelly Reichardt livre une œuvre amorphe et laborieuse, centrée sur un protagoniste profondément antipathique.
En effet, Mooney n’inspire ni empathie ni intérêt : il ment à sa femme sur ses activités, délaisse ses enfants pour son travail et va jusqu’à voler ses propres parents. Rien ne pousse le spectateur à le soutenir ; on en vient presque à souhaiter qu’il soit arrêté au plus vite, afin d’épargner son entourage — et, par extension, le public.