Pour son huitième long-métrage, l'excellent cinéaste norvégien Bent Hamer (proche par son sens de l'absurde du Néerlandais Alex van Warmerdam) transpose son univers sur le continent américain. La déchéance économique d'une petite ville lui fournit un contexte et un décor idéaux pour une histoire délicieusement sordide, quoique son humour très noir ne soit pas susceptible d'être goûté par tout le monde. A travers la personne d'un médiateur, chargé d'annoncer le premier des mauvaises nouvelles à leur famille, The Middle Man trace le portrait d'un homme assez banal, célibataire au long cours, dont les actes et la psychologie ne sont pas aussi simples et innocents qu'il y parait, de prime abord. Les dialogues sont ciselés et les silences étudiés dans ce film qui a une manière très particulière de traiter les tragédies. Certes, en traversant l'Atlantique, le réalisateur a un peu perdu de sa singularité mais il n'a pas, à l'inverse d'autres cinéastes européens, égaré son âme. L’interprétation est aux petits oignons avec en premier lieu la remarquable et savoureuse prestation du dégingandé et presque marmoréen Pål Sverre Valheim Hagen.