Adapté d’une nouvelle de Stephen King, The Monkey de Perkins prétend faire se rejoindre l’horreur, la tragédie familiale et la comédie. Mais cette tentative d’alliage ne produit ni tension ni intérêt. Il y a là une mécanique qui fonctionne à vide, un synopsis qui se referme sur lui-même.
Le singe automate, objet horrifique censé catalyser les terreurs de l’enfance et les non-dits familiaux, fonctionne ici comme une simple surface d’épouvante. Chaque tintement de ses cymbales annonce la mort, mais sans jamais produire de choc. Il n’est qu’un gadget à la symbolique à peine esquissée.
La structure en deux temporalités (enfance et âge adulte) aurait pu ouvrir un espace mental de réflexion. Mais elle ne fait que juxtaposer deux récits qui se font écho de manière mécanique, sans jamais se contaminer véritablement.
Au cœur du récit, deux frères, reliés par un trauma commun que le film ne fait qu’esquisser. Leurs affects sont sous-écrits, leurs conflits à peine effleurés. Tout semble fonctionner en pilotage automatique : une figure de mère absente, un deuil non digéré, une culpabilité flottante… mais rien ne s’incarne. Ces personnages ne vivent pas, ils illustrent. Ils sont les porteurs d’une idée de scénario, non les agents d’une dramaturgie.
Même la figure du mal reste inexplorée. Ni allégorie, ni pulsion, ni principe. Simple fonction narrative.
Ce que The Monkey donne à voir, c’est un film qui veut dire, mais ne pense pas. Qui veut effrayer, mais se regarde faire. The Monkey ne manque pas d’intentions. Il manque de nécessité. C’est un film qui mime les affects, les encode, les théorise, mais ne les éprouve jamais.