Shadowz à ce don de toujours dénicher des petites productions indépendantes sorties des sentiers battus, et de mettre en avant des cinéastes peu connus. C’est encore une fois le cas avec THE OCCUPANT, petite série B séduisante mélangeant habilement science fiction métaphorique et survival d’aventure en territoire hostile.
Production hollandaise, mais avec des dialogues anglais puisque les protagonistes sont nord-irlandais, et une action se déroulant en Géorgie à la frontière russe du Caucase, THE OCCUPANT a tout d’un petit film européen indépendant et hybride, digne de faire la tournée des festivals pour espérer être distribué correctement.
Et ça tombe bien, puisqu’il a tapé dans l’œil de nos très avisés cinéphiles de chez Shadowz qui ont eu la bonne idée d’ajouter le film à leur catalogue en ce mois d’avril.
Donc en résumé, THE OCCUPANT, narre la quête d’Abby, une géologue qui accepte une mission périlleuse au fin fond de la Géorgie, dans l’unique but d’avoir les ressources nécessaires pour sauver sa sœur aînée atteinte d’une grave maladie.
Mais alors qu’elle se décide à rentrer au pays, son hélicoptère s’écrase dans les montagnes immenses et hostiles de Géorgie.
Seule survivante, elle ne pourra compter que sur un mystérieux interlocuteur sur le signal radio de son talkie-walkie, pour l’aider à retrouver les siens.
Fort d’une expérience dans la réalisation de nombreux courts métrages publicitaires, le réalisateur tente ici le passage compliqué au format long métrage. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il maîtrise à la perfection la technique.
Grâce à une photographie léchée, il sublime la splendeur des paysages montagneux dans des plans aériens d’une beauté à couper le souffle.
La mise en scène elle aussi est très solide, d’un récit simple sur l’acceptation du deuil, il arrive à en tirer une aventure humaine intérieure, qui n’à rien à envier aux plus anxiogènes des survivals en mode seul(e) face à la nature.
Notre héroïne, en plus d’une nature hostile, doit composer avec une menace diffuse, invisible, qui ajoute un soupçon de fantastique pour catégoriser le film dans de la science-fiction. À titre de comparaison, on n’est pas loin de ce qu’avait fait Thomas Salvador avec LA MONTAGNE en 2023, prix du jury et prix de la critique à Gerardmer, perso j’avais moyennement accroché.
Et dans le contenu, me direz-vous ? Et bien c'est peut être là où il y aurait des choses à redire.
Même si le film va à l’économie de moyens et demeure peu avare en action, la tension à le mérite d’exister et de tenir en haleine, ce qui est assez rare dans un film contemplatif qui mise d’avantage sur ses ambiances. C’est lent, mais paradoxalement on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, la survie de la protagoniste et sa course contre la montre pour atteindre sa finalité, garde le spectateur éveillé, à l’affût pendant 1h45, ça relève presque de la prouesse.
Pour faire simple, le scénario est mince mais ça n’est pas tellement un défaut en soi, ça va à l’essentiel, et le manque de subtilité quand à la métaphore philosophique sur les éléments fantastiques du film, que je tairais pour ne pas divulguer l’intrigue, ne gâche en rien le travail magnifique de réalisation.
Pour conclure, THE OCCUPANT, est un petit survival moderne franchement réussi, même s’il souffre d’un manque d’évolution dans son écriture dramatique, on sent qu’il a du mal à choisir entre drame familial intime de science-fiction, ou expérience immersive de survie. Pour un premier film, il fait largement le job, techniquement maîtrisé de bout en bout, on en prend littéralement plein les mirettes, avec un peu plus de consistance dans les personnages, et une narration un poil plus complexe, surtout vers la fin, on aurait eu un petit chef d’œuvre. Mais ça reste très prometteur, à voir pour la curiosité.
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