Quelque part entre Carrie au bal du Diable et Black Swan, version water-polo masculin juvénile, The Plague est une claque qu'on n'a pas vu venir. Les gamins sont tous (sans aucune exception) formidables, ils portent l'intensité du film à chaque seconde, l'histoire oscille joliment entre ostracisation réaliste et cruelle, et conte fantastique ("la Peste", cette fable racontée par les gosses, qui justifie l'acharnement contre leur victime, et à laquelle on finit par croire malgré nous... Il sont forts, ces gamins), tout cela pour de l'eczéma dégénératif... Sauf qu'en bon sujet dermato, on sait que l'eczéma sort surtout en cas de stress, et là, le film prend tout son sens... La tension est plus que palpable, les gamins sont excellents pour créer le malaise, la victime a une bonne tête de souffre-douleur (il le fait trop bien), et le héros pris en étau entre bourreaux et victime est une subtilité bienvenue (il n'a pas envie de devenir le nouveau "pestiféré", et qui peut le lui reprocher ?). Quelques scènes font mal (quand
la victime pète un câble et se mutile...
Vu deux fois en festivals, à chaque fois : un silence de mort dans la salle), et le final est l'apothéose de tout ce qui n'allait pas (
l'un des voyous est récupéré par son père, et on sent qu'il se lâchait car à la maison il est loin de se marrer... La victime se fait saigner abondamment, le coach est paumé, et le héros se met à tourner, tourner, tourner, pour oublier tout ce bordel
: quelle fin, mes aïeux, quelle fin). Aussi, le mixage-son est à souligner pour créer le malaise, les prises de vues sont souvent à contempler (oh, le beau plan inversé pour regarder de la nat' synchro comme on ne l'a jamais vue), et on ne peut que se prosterner devant le jeu d'acteur des gamins, tous absolument parfaits. Tout ça pour une histoire d'eczéma, on est mal à l'aise, on se gratte tiens... Aurait-on la Peste ?