Un camp d’été de water-polo quelque part aux États-Unis, une douzaine de garçons d’une douzaine d’années, une légende urbaine qui attribue la peste du titre à l’un d’entre eux devenu littéralement intouchable : on se doute bien que le film ne montrera pas nos jeunes adolescents entre un tournoi de Trivial Pursuit et une dégustation d’orangeade dans le parc.

Était-ce une bonne idée de faire de Ben, nouveau venu au camp, le personnage principal, ou bien n’aurait-il pas mieux valu brosser un portrait collectif de nos waterpolistes ? Au vu de certains acteurs pas tous – ou pas toujours – convaincants, n’aurait-il pas fallu mieux les choisir, ou mieux les diriger ? Le tableau que Charlie Polinger dresse de la préadolescence s’en ressent forcément.

On ne crachera pas sur un film qui évite tout de même un certain nombre d’écueils, mais entre séquences quasi pédagogiques et passages proches du cinéma de genre, The Plague donne souvent l’impression de nager entre deux eaux – ça, c’est fait ! Les scènes mettant en scène l’éducateur sportif sont ainsi alourdies, comme si un film traitant de harcèlement adolescent se devait de proposer un contenu exploitable en classe dans une leçon sur l’empathie.

Et c’est bien lorsqu’il lorgne du côté du cinéma d’angoisse que le récit tourne le mieux : quelques plans rapprochés qui parviennent à susciter la claustrophobie à partir d’un visage, des boutons, des préadolescents filmés comme de jeunes animaux, des croûtes, un travelling au ras du sol pour suivre un personnage sur son skateboard, des corps filmés sans obscénité mais sans embarras, un maquillage qui tient sous la flotte, des danses sauvages et quelques dernières secondes remarquables. Voilà de quoi faire oublier une photographie qui manque parfois de nuances, et des passages où l’esthétique un peu fauchée inhérente au genre se fait le plus ressentir.

Ajoutez une superbe utilisation du son en général, et de la musique en particulier, et voilà que The Plague s’en sort avec les honneurs.

Alcofribas
6
Écrit par

Créée

le 10 juin 2026

Critique lue 12 fois

The Plague

The Plague

8

Tishia

le 9 sept. 2025

Suivre

Full Metal Jacket version Teens

The plague est le premier long-métrage de Charlie Polinger et il est bluffant. Le film se met au niveau de pré ados et tiendra ce point-de-vue jusqu’au bout. On suit Ben, 13 ans, qui rejoint un camp...

The Plague

The Plague

4

Marlon_B

le 12 févr. 2026

Suivre

Un mal désincarné

Film parabole sur le mal-être des garçons adolescents, The Plague parvient à déconstruire avec justesse les mécanismes de harcèlement, de domination et de discrimination dans un cadre froid, presque...

The Plague

The Plague

8

RedArrow

le 3 juin 2026

Suivre

Feeling so real

Le silence sous l'eau d'une piscine. Puis le fracas des petits corps qui y plongent. Ceux d'une équipe de water-polo de pré-adolescents, dont les jambes ne cessent de remuer pour rester à la surface...

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

9

Alcofribas

le 6 août 2013

Suivre

Littérature

Je suis sociologiquement prédisposé à aimer Desproges : mes parents écoutent France Inter. Par ailleurs, j'aime lire, j'ai remarqué au bout d'une douzaine d'années que quelque chose ne tournait pas...

Un roi sans divertissement

Un roi sans divertissement

9

Alcofribas

le 4 avr. 2018

Suivre

Façon de parler

Ce livre a ruiné l’image que je me faisais de son auteur. Sur la foi des gionophiles – voire gionolâtres – que j’avais précédemment rencontrées, je m’attendais à lire une sorte d’ode à la terre de...

Le Jeune Acteur, tome 1

Le Jeune Acteur, tome 1

7

Alcofribas

le 12 nov. 2021

Suivre

« Ce Vincent Lacoste »

Pour ceux qui ne se seraient pas encore dit que les films et les albums de Riad Sattouf déclinent une seule et même œuvre sous différentes formes, ce premier volume du Jeune Acteur fait le lien de...