Un camp d’été de water-polo quelque part aux États-Unis, une douzaine de garçons d’une douzaine d’années, une légende urbaine qui attribue la peste du titre à l’un d’entre eux devenu littéralement intouchable : on se doute bien que le film ne montrera pas nos jeunes adolescents entre un tournoi de Trivial Pursuit et une dégustation d’orangeade dans le parc.
Était-ce une bonne idée de faire de Ben, nouveau venu au camp, le personnage principal, ou bien n’aurait-il pas mieux valu brosser un portrait collectif de nos waterpolistes ? Au vu de certains acteurs pas tous – ou pas toujours – convaincants, n’aurait-il pas fallu mieux les choisir, ou mieux les diriger ? Le tableau que Charlie Polinger dresse de la préadolescence s’en ressent forcément.
On ne crachera pas sur un film qui évite tout de même un certain nombre d’écueils, mais entre séquences quasi pédagogiques et passages proches du cinéma de genre, The Plague donne souvent l’impression de nager entre deux eaux – ça, c’est fait ! Les scènes mettant en scène l’éducateur sportif sont ainsi alourdies, comme si un film traitant de harcèlement adolescent se devait de proposer un contenu exploitable en classe dans une leçon sur l’empathie.
Et c’est bien lorsqu’il lorgne du côté du cinéma d’angoisse que le récit tourne le mieux : quelques plans rapprochés qui parviennent à susciter la claustrophobie à partir d’un visage, des boutons, des préadolescents filmés comme de jeunes animaux, des croûtes, un travelling au ras du sol pour suivre un personnage sur son skateboard, des corps filmés sans obscénité mais sans embarras, un maquillage qui tient sous la flotte, des danses sauvages et quelques dernières secondes remarquables. Voilà de quoi faire oublier une photographie qui manque parfois de nuances, et des passages où l’esthétique un peu fauchée inhérente au genre se fait le plus ressentir.
Ajoutez une superbe utilisation du son en général, et de la musique en particulier, et voilà que The Plague s’en sort avec les honneurs.