Au cinéma, la puberté est un passage souvent traité sous forme de récit d'apprentissage, comme une période instable, certes, mais ouverte à tout le champ des possibles. Fort de sa propre et douloureuse expérience de préadolescent au début des années 2000, Charlie Polinger brosse un tableau plus terrifiant de cet âge ingrat, accentué encore par la notion de groupe en huis clos, avec ses mécanismes sournois, en l'occurrence pour un stage d'été de water-polo. Peu de choses à voir avec Palombella rosa, donc, et une atmosphère tendue, à base de harcèlement, en guise de parcours, aux confins du fantastique, de l'épouvante et de l'horreur corporelle. Un film assez convaincant dans l'ensemble, si l'on prend le parti d'adhérer à sa dimension de conte horrifique et assez remarquablement interprété, alors que les adultes sont absents du film, hormis Joel Edgerton, dans un rôle peu important, comme pour symboliser que ce qui se trame dans le groupe de garçons est voué à y rester, à commencer par la cruauté concomitante à la vie commune. Si le film a des qualités intrinsèques indéniables, il se caractérise cependant, et c'est un reproche, par une stylisation extrême, tant dans l'image (des squales dans la piscine) que dans ses stridences sonores. Il arrive que le réalisme de certaines scènes soit ainsi court-circuité par un maniérisme quelque peu exagéré, au risque de désincarner son propos.