Bon ba le Grand prix de Deauville, cela peut aussi bien être « Whiplash » que « The Rider »... Déjà « Brooklyn Village » ne m'avait qu'à moitié emballé, mais le bilan restait globalement positif. Là, même pas. Alors attention : il y a de vraies qualités, d'autant que je suis sorti de la salle sans la moindre antipathie pour le film. Dans sa logique réaliste, c'est pas mal filmé, très bien joué (surtout pour des non professionnels jouant leur « propre rôle »), l'excellent Brady Jeandreau en tête, exploitant joliment ses beaux décors représentant bien cette Amérique rurale. Il y a même quelques jolies scènes : on n'est pas (totalement) indifférent.
Seulement... et après ? Même si je comprends l'idée de montrer que faire
le deuil de sa passion, presque sa raison de vivre,
est difficile mais que l'on a parfois pas le choix, ainsi que ce quotidien, entre moments de détente et détresse intérieure, comment peut-on prendre réellement son pied devant un titre comme celui-ci ? Et comme presque toujours, c'est long... Ces films durant toujours quinze, vingt minutes de trop (minimum), cela devient à la longue un peu pénible. Pourtant, je suis visiblement isolé sur ce coup-là : tant mieux pour ceux y ayant trouvé leur compte.
Reste que sa distribution minimaliste étant sans doute un signe d'exploitants conscients du potentiel très limité de l'œuvre... En fait, je ne sais juste pas quoi écrire. Ce n'est vraiment pas mauvais, me prenant même d'une réelle affection pour l'adorable Lilly, très touchant personnage secondaire. Maintenant, que retiendrais-je ? Pas grand-chose, si ce n'est quelques jolis plans et un portrait sobre d'un homme devant accepter qu'il
ne peut plus vivre de son (dangereux) métier.
Difficile de sortir de là emballé, surtout via un sport ne me passionnant guère : « The Rider » n'est tout simplement pas mon type de cinéma.