(Ici, drôle de présentation du casting de ce film: les deux actrices principales se trouvent à la 36ᵉ place du générique pour Omara et à la 39ᵉ place pour Anasuya Sengupta qui a pourtant remporté, pour ce film, le prix d'interprétation féminine dans la catégorie "un certain regard" à Cannes en 2024 ! Mais bon, c'est une femme, en plus indienne et surtout pas une actrice pro ! Néanmoins, elle a mérité grandement cette récompense ! ).
Fin de la parenthèse.
Sinon que dire ? Les images sont belles et soignées : je crois que c'est en Inde qu'il y a les meilleurs costumiers, éclairagistes, décorateurs et photographes, effets spéciaux et monteurs au monde pour le cinéma et aussi de grands compositeurs et chorégraphes (mais ici, c'est hors sujet) ; le réalisateur a bénéficié d'une équipe locale d'excellent niveau (bémol concernant le son, notamment quant à la composition musicale).
Mais, comme dans de nombreux films du sous-continent où viennent s'insérer des producteurs occidentaux (jusqu'au réalisateur ici !) les films sont caricaturalement sombres, comme s'il fallait absolument prendre le contre-pied d'un cinéma commercial (Bollywood, etc.) où dominent romance et optimiste — bien loin d'une réalité sociale donc !
Ces films noirs sont tout autant des caricatures… et à lire certaines critiques, ici même, ce type de film donne de ce pays une image tellement déformée, misérabiliste et injuste !
Entre les prostituées de luxe de Banshalee (qui n'ont probablement jamais eu d'existence réelle non plus !) et celles de ce réalisateur bulgare formé en occident, il y a un regard d'homme qui me dérange en permanence ; en plus, ici, il y a cette caméra qui vient s'immiscer en voyeur dans une relation amoureuse, impossible, entre deux femmes. Quant au sordide de la prostitution, les prostituées indiennes n'ont pas lieu d'envier leurs "consœurs" (enlevées, battues, violées, exploitées, etc.) qui exercent dans nos contrées dites civilisées.
Un film à voir pour son image et ses interprètes, pour ses deux personnages aussi, mais surtout en évitant de prendre pour de l'argent comptant la vision sociale et culturelle, caricaturale (un peu de condescendance aussi ?! On y voit bien la patte de ces producteurs occidentaux qui en sont encore mentalement au temps de la colonisation pour le plus grand bénéfice des colonisés !)