The strangers est un peu dur à évaluer, même après plusieurs fois. C'est joliment filmé et ça fourmille d'idées. Centrer l'intrigue sur les croyances religieuses, vues dans une Corée très rurale s'avère une bonne idée. Ici, on emprunte autant au Christianisme qu'au chamanisme coréen. Vu d'ici, c'est étonnant autant que c'est intéressant. Autre originalité, les protagonistes n'ont rien de charismatiques ; ce serait plutôt des citoyens lambda, davantage dépassés par les évènements, et pas forcément hyper subtils. De ce côté, ça change aussi. Qui plus est l'intrigue est originale, plutôt prenante, et la photo est très chouette. Donc ce ne sont pas les qualités qui manquent.
En même temps, c'est sans doute trop long. Et surtout, bien trop lourdingue du côté des effets. Les scènes où les protagonistes pleurent à chaudes larmes sont poussives. Et le côté crapoteux, largement exagéré, apparait superficiel. L'intrigue aurait pu être tout aussi flippante sans le recours à tant d'hémoglobine.
C'est également assez peu clair côté scénario. Notamment la résolution, à l'image de ce constat mitigé. Les 30 dernières minutes sont très prenantes. Elles dévoilent sans équivoque le fin mot de l'intrigue. Mais les revirements successifs sont alambiqués au point qu'on finit par ne plus être sûr de bien comprendre les détails. Na Hong-Jin a beau expliquer que cela était volontaire et en donner les raisons, ça laisse néanmoins un tantinet perplexe. En même temps, ça permet aussi de débattre du film à la sortie.
A l'arrivée, on peut trouver The strangers tout à fait moyen, ou tout à fait original. Les deux opinions se défendent largement.