Le thème de The Ugly doit tenir particulièrement à cœur de son réalisateur pour qu'il tourne un long métrage adapté de son propre roman graphique. Sujet que l'on pourrait résumer simplement : nous vivons dans une société qui exalte la beauté plus que de raison et ostracise la laideur avec ostentation. On pourrait y ajouter le handicap, rendu le plus souvent invisible pour ne pas choquer les valides, non ? Le film n'a rien à voir avec les œuvres spectaculaires et violentes de Yeon Sang-ho, dont le célébrissime Dernier train pour Busan, même s'il s'agit d'un autre type de violence, plus sournoise. Tourné avec une équipe légère et doté d'un budget dérisoire, à l'aune des grosses productions coréennes, The Ugly va et vient entre présent et passé, dans une ambiance assez sordide, avec un suspense qui révèle ses vérités en deux temps, le dernier en guise de dénouement, lequel aurait pu être effacé, de manière à laisser l'imagination du spectateur faire son travail. Le film a un côté trop explicatif et ses tentatives d'humour s'avèrent peu efficaces, dans un ensemble à la fois tragique et malaisant. Au royaume de l'aveuglement, que décrit Yeon, dans tous les sens du terme, la beauté reste reine, cette réalité va de soi, mais fallait-il une histoire aussi torturée et glauque pour le démontrer ? Mais bon, les dégoûts et les douleurs, n'est-ce pas...