Avant de voir The Ugly Stepsister, je ne savais clairement pas à quoi m’attendre. J’ai brièvement vu l’affiche au moment de sa sortie en salles, entendu de bons échos à son sujet et deviné que ce titre avait un lien avec Cendrillon. Par contre, je n’avais pas compris que le titre était tout simplement une relecture du conte de Charles Perrault. Et quelle relecture ! The Ugly Stepsister, c’est l’histoire même de Cendrillon mais du point de vue d’une de ses belles-sœurs, le tout saupoudré d’humour noir et de body horror. Car le but de la réalisatrice Emilie Blichfeldt, c’est de prendre l’apparat du conte de fées pour mieux le déconstruire. Tout y est : les beaux décors et costumes, photographie soignée, un peu de rose bonbon ici et là, l’ambiance par moment feutrée… le film reprend tous ces codes mais pour y ajouter une bonne dose de glauque. Ne serait-ce que le générique, la caméra filmant une impressionnante table de dîner, avec quelques asticots et autres horreurs gluantes venant casser tout cela. Ainsi, la cinéaste s’amuse à tout démanteler, allant jusqu’à ouvertement dénaturer les protagonistes : Cendrillon devient une fille égoïste et prétentieuse, le Prince un beauf et pervers sexuel, et la fameuse belle-sœur une pauvre fille torturée et malmenée par le destin. Et le long-métrage a beau proposer sévices corporels et une bouchée de ver solitaire, il ne tombe jamais dans la gratuité. À l’instar de The Substance, The Ugly Stepsister maltraite son personnage éponyme pour parler de l’obsession de la beauté. Pour montrer à quel point une femme peut se torturer physiquement et mentalement, dans le but d’entrer dans une vision fantasmée de la perfection. Alors que celle-ci n’est régie que par des mœurs sociales et patriarcales. Malgré un ventre mou personnellement conséquent, The Ugly Stepsister est une sacrée surprise, jouissive et efficace. Qui risque de ne pas plaire à tout le monde de par son postulat radical. Mais que je conseillerai vivement, ne serait-ce que pour la proposition qui nous est offerte et le message que le film envoie.