Une jeune fille dont le seul rêve est d’épouser son prince charmant va tenter de le conquérir en se transformant complètement, la souffrance ne devenant ainsi qu’un moyen de plus pour atteindre son objectif : obtenir une beauté qui n’a d’égal que sa pureté. Vierge, mince mais avec une poitrine, un nez fin, un regard coquin mais doux, un sourire lumineux, des mouvements gracieux et souples, une chevelure soyeuse… Mais n'est pas princesse de conte de fée qui veut, et cette métamorphose a un prix qu'elle découvrira très vite…
Le film se déroule à une époque post Moyen-Âge mais aborde des thèmes modernes de standardisation de beauté et de soumission de la femme. Des problématiques déjà omniprésentes dans cette société, mais qui ne seront décriées que des siècles plus tard.
Ce sont pourtant bien des femmes qui, tout au long du métrage, feront endurer à Elvira des douleurs et sévices dans le but de la rendre « belle » (ou plutôt désirable aux yeux des hommes). Ces femmes qui elles-mêmes ont subi des abus, mais ont dû s’y conformer pour finalement devenir des bourreaux. Il faut changer le pied pour le faire rentrer dans ce soulier, pas l’inverse. C’est à travers ce genre de métaphores que l’oeuvre évolue. Elle montre et exprime, mais dénonce aussi cette superficialité par le biais de références et d’images fortes. Notamment dès la scène des crédits au début. Semblable à une vanité, genre artistique qui correspond en plus à l’époque où l’oeuvre prend place, cette scène nous montre le temps qui passe et la finitude de chaque chose, en plus de faire du foreshadowing. La force de cette oeuvre est donc le symbolisme qui se trouve dans sa mise en scène. Le montage et le déroulé de l'histoire est dynamique et fluide, notamment grâce à une caméra qui bouge, qui zoome (vraiment beaucoup) et qui met ses sujets au premier plan, nous permettant de distinguer au mieux leurs émotions variées et complexes. Une scène me revient en tête, celle où Elvira mange avec culpabilité une pâtisserie qu’elle a plus tôt cachée dans un tiroir. Un plan de dos efficace suffit pour nous mettre à sa place et nous plonger dans sa peine, sans même voir son visage.
Fort visuellement, avec une bande son envoûtante et une esthétique unique, The Ugly Stepsister se classe parmi les tous meilleurs films du genre horrifique de cette année 2025. Notamment grâce aux messages qu'il véhicule, n'hésitant pas à flirter avec la grossièreté, ce qui en laissera quelques uns sur le carreaux. Face à une oeuvre aussi tranchante, ceux qui ne l'ont pas compris resteront sur sa forme, trop dérangés pour regarder en face ce qui répugne véritablement : une réalité encore actuelle malgré les siècle passés.