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le 30 oct. 2011
SuivreMotown connection
Adaptation "black" du Magicien d'Oz, le film a été produit par la Motown, qui s'en est servi pour véhiculer ses vedettes, dont un jeune Michael Jackson. Je reviendrais plus loin sur l'échec...
Il y a un fait que peu de personne ne raconte sur ce film, et il change tout ce qu'on y voit.
En novembre 1963, Sidney Lumet épouse Gail Jones. Gail Jones est la fille de Lena
Horne. Quinze ans plus tard, Lumet tourne The Wiz, et c'est donc sa belle-mère qui
apparaît suspendue dans le ciel, en Glinda, pour chanter à Dorothy qu'elle doit
croire en elle-même.
Et pendant ce tournage, sa femme lui demande le divorce.
Regardez le film en sachant cela. Une comédie musicale sur le retour à la maison,
réalisée par un homme dont la maison est en train de se défaire, avec la mère de
sa femme dans le rôle de celle qui donne la bénédiction finale. Ce n'est plus du
kitsch de superproduction. C'est le film le plus mélancolique jamais déguisé en
fête.
Ce qui éclaire aussi le silence. Lumet a réalisé plus de quarante longs métrages
et il a beaucoup parlé de son travail. De celui-là, presque rien. Quand Criterion
sort la restauration en 2025 et cherche un entretien d'archive à mettre en bonus,
ce qu'ils trouvent porte principalement sur Le Prêteur sur gages, tourné quatorze
ans plus tôt. Le cinéaste le plus disert de sa génération n'a rien à dire sur son
film le plus cher.
Autre chose, plus factuelle, qu'il faut cesser de répéter : la critique n'a pas
unanimement démoli ce film en 1978. Le score agrégé de la presse américaine est de
53 sur 100, soit mitigé et non assassiné. Gary Arnold en a fait un éloge complet
dans le Washington Post. The Hollywood Reporter était positif. Roger Ebert lui
donnait deux étoiles et demie sur quatre, avec des réserves de rythme et non du
mépris. Le film a décroché quatre nominations aux Oscars et six NAACP Image Awards
sur huit catégories.
Le lynchage critique est une reconstruction. Ce qui a tué The Wiz, c'est un budget
devenu un chiffre plus commenté que le film lui-même, et un réseau de salles qui a
refusé de le programmer. J'ai fait l'analyse complète de cet
https://jurojin.net/the-wiz-1978-autopsie-dun-chef-doeuvre-qui-a-rate-son-epoque/
ailleurs.
Reste ce qu'on voit, et qui n'a pas pris une ride. Un Oz qui n'est pas un pays
merveilleux mais un New York en faillite, tourné dans un pavillon d'exposition
universelle laissé à l'abandon, dans des couloirs de métro, sous les montagnes
russes de Coney Island. Une féerie filmée dans les ruines d'une ville qui n'avait
plus les moyens de se loger. Le mot juste n'est pas kitsch, le mot juste est
inquiétant.
Et il n'y a pas de Kansas. Nulle part où rentrer. Juste un appartement de Harlem
et un pont.
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il y a 6 jours
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le 30 oct. 2011
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