Je sais que ce film est dans ma pile depuis un bon moment. Il me reste 4 films de cette pile, j'aurais donc pu en choisir un autre ce soir. Mais j'ai choisi celui-là. Peut-être qu'inconsciemment j'en avais besoin ? Je viens de sortir ma BD et le weekend prochain je vais la défendre pour la première fois en festival. Je suis en proie au doute, forcément : est-ce que des gens vont s'y intéresser et l'acheter ? est-ce que les acheteurs vont aimer ? C'est pas facile, surtout que j'émets moi-même des réserves sur ma BD, je n'en suis pas satisfait, je pense qu'elle aurait pu être mieux.


Aujourd'hui, j'ai rencontré un collègue, un auteur de BD publié. Il n'est pas connu internationalement, c'est même un auteur très local, mais comme il a su tirer profit d'une festivité de la région, il a su trouver un public fidèle, et ainsi il vit de son art. Il a critiqué ma BD. C'est un exercice que je redoute, comme tout artiste je pense, mais qui est nécessaire. Parce que la critique fait avancer. Et depuis que je ne suis plus à l'école, il est difficile de trouver des critiques constructives. Cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec tout ce qu'il a dit, non, mais il y a plusieurs points sur lesquels j'étais d'accord. Et d'accord ou pas d'accord, une critique c'est toujours intéressant. Même si ça file le coup de blues pour les heures qui suivent.


Ben oui, même moi, celui qui démolit les œuvres des autres membres, je suis en proie à des doutes et j'ai un peu mal quand quelqu'un me fait part d'un avis négatif. Surtout s'il est construit (quand ce n'est pas le cas, c'est un peu plus rigolo que triste). Même si je suis d'accord. Parce qu'alors on se demande forcément si on va y arriver ou pas. Un peu comme le personnage de "The Wrestler" : va-t-il relever l'ultime défi malgré sa santé déplorable et son âge ?


Ce n'est pas exactement la même chose, je n'ai que 30 ans et ce que je pensais être un cancer du chibre il y a quelques mois n'était qu'une petite infection de l’urètre aujourd'hui guéri. A priori, j'en ai donc encore pour quelques décennies. N'empêche qu'entre deux crises d'hypocondrie, j'angoisse de la mort et j'espère sortir d'autres albums sur le net ou sur papier, avant de rendre l'âme. Et aujourd'hui, en plus de cette critique, j'apprends que je vais avoir plus d'heures que prévu en tant que prof et que l'horaire ne sera p'tet pas chouettos (on verra en octobre pour l'horaire définitif).


Et si l'horaire n'est pas mieux à ce moment-là, ça va être frustrant car je n'aurai que peu de temps pour bosser sur mes BD, surtout que je compte bouger un max durant les weekends (festivals ou librairies). Après on verra si dans deux mois je trouverai toujours autant d'opportunités... mais pour l'instant j'essaie d'être confiant. Mais ça m'emmerde de pas pouvoir m'adonner à mon activité préférée, faire de la BD, plus souvent. Aujourd'hui je n'ai pu faire que 10 vignettes dont 2 sont à refaire !


Et si je n'y arrivais pas ? Et si je restais un gros nul ? Je me suis toujours dit que même si je n'étais jamais publié je continuerais à faire de la BD car ça me permet d'exprimer des choses. Mais en même temps ça me gêne un peu, forcément, de me sentir nul. L'auteur m'a rappelé qu'un auteur devait bien être conscient de ses limites. J'en suis très conscient des miennes. Plein de choses que je ne pourrai pas faire. Et puis ce que je fais, je sais que je le fais mal. Alors c'est râlant.


Et donc je lance ce film. peut-être inconsciemment dans un premier temps, mais très vite je comprends que j'en avais besoin. Même si le film n'est pas particulièrement optimiste. De toutes façons, quand je déprime, je regarde un ou deux films et puis ça repart. Et là ça va un peu mieux. Aussi parce qu'avant de lancer le film j'ai dessiné mes 10 cases. Je me dis que je suis un gros nul de la BD mais tant pis. Je continue. Et j'essaierai de m'améliorer. Et puis on verra ce que ça donne. Et ce weekend je vais p'tet pas vendre d'album, j'en sais rien. Mais au moi j'aurai essayé. Et je continuerai. Je me découragerai pas, j'irai à d'autres festivals. Je tenterai de me faire remarquer.


P'tet que les critiques à qui j'ai envoyé un exemplaire écriront de vilaines choses dessus ? Et bien tant pis, je sais que c'est la règle du jeu ! Et je le jouerai. Et je continuerai. J'avalerai ces avis, je les digérerai. Il en sortira peut-être quelque chose de meilleur, c'est ce qu'il faut se dire. Ouip, je lutterai jusqu'au bout. J'en deviendrai p'tet un mauvais compagnon et un encore plus mauvais prof d'art (et d'informatique depuis cette année héhé) mais tant pis. Ce que je veux c'est m'éclater sur mes planches. Et tant pis si ma BD actuelle avance au compte-goutte. Dessiner une case par jour ce sera déjà mieux que rien. Et je suis sûr qu'arrivé au mois de janvier j'aurai assimilé les nouvelles matières et je serai capable de mieux gérer ma productivité.


Voilà qui est dit ! Je peux maintenant critiquer le film.


J'avais adoré ce film à sa sortie (je l'avais vu au cinoche). C'est p'tet pour ça que j'ai été déçu de "Black Swan"? Je sais pas. En tous cas, le revoir m'a fait réviser mon jugement : j'ai pris moins de plaisir qu'à l'époque.


Je trouve l'univers abordé assez sympa et bien développé. En revanche la narration est parfois à la ramasse : Darren dépeint des personnages et des situations que l'on peut qualifier de misérabilistes (n'ayons pas peur des mots) ; là où il aurait pu amener de la nuance, il préfère montrer la tristesse ou de la joie douce-amère. De plus il manque une structure solide : on suit le personnage principal sans trop savoir où on va, on découvre sa destinée en même temps que lui ;là où il aurait fallu un objectif principal dès le début. Déterminer un objectif principal, c'est permettre de dégager la structure car tout tournera autour de la réussite (ou l'échec) du héros à atteindre son objectif. Pour cela, l'auteur a recours à divers obstacles, des péripéties, des conflits. Les auteurs ont bien des conflits mais on ne sait jamais où on va. Heureusement, les situations sont belles. Grâce à l'univers donc, qui est bien développé et riche. Pour cela, ils ne débordent jamais, ça tourne uniquement autour du catcheur et de la strip teaseuse, du corps, de la misère sociale, des rêves (ça paraît large tout ça, mais le développement reste correct).


La mise en scène est inégal. D'un côté un aspect documentaire qui manque parfois de lisibilité ou d'images fortes et de l'autre un soin esthétique agréable et un découpage bien pensé pour valoriser les personnages. La caméra suit bien les personnages, il est seulement regrettable qu'il y ait tous ces plans où on les suit sans qu'il ne se passe rien (et là on renforce l'aspect misérabiliste, on se croirait presque dans un film des frères Dardenne). Les acteurs, pro ou pas, font tous du bon boulot. On a l'occasion de voir la vieille carcasse de Rourke mais aussi la beauté corporelle de Tomei (quoique je suis déçu de ses fesses trop petites à mon goût). La BO est plutôt discrète et agréable.


Bref, ce film reste sympa à regarder mais ce n'est pas la petite bombe que j'espérais retrouver.

Fatpooper
7
Écrit par

Créée

le 30 août 2017

Critique lue 312 fois

The Wrestler

The Wrestler

9

Jambalaya

le 27 avr. 2013

Suivre

Requiem for a wrestler.

Il aura fallu que Mickey Rourke attende d’être physiquement détruit pour qu’enfin on lui propose le rôle de sa vie. Dans The Wrestler, le playboy sexy de 9 Semaines ½ est presque méconnaissable tant...

The Wrestler

The Wrestler

8

Amethyste

le 25 mai 2011

Suivre

Sweet Child Of Mine

On reconnait bien la patte d'Aronofsky en regardant ce film. On retrouve le coté un peu torturé des personnages. Un catcheur au moment le plus bas de sa carrière, rejeté par sa fille, qui doit...

The Wrestler

The Wrestler

9

MrShuffle

le 30 juil. 2010

Suivre

Critique de The Wrestler par MrShuffle

The Wrestler (Le catcheur pour les anglophobes) est le quatrième film du prétendument génial Darren Aronofsky qui, pour une fois, a réussi un film. Robin Ramzinski, même s'il préfère qu'on l'appelle...

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

le 16 janv. 2011

Suivre

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

le 3 janv. 2016

Suivre

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

le 22 févr. 2014

Suivre

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...