Thelma, réalisé par Joshua Margolin, exhale le parfum délicat des comédies indépendantes, celles qui avancent à pas feutrés mais laissent une empreinte durable.
Thelma a quatre-vingt-treize ans. Elle est de ces femmes que l’on aime d’instinct, dont la présence rassure et éclaire. Un jour, un appel vient troubler la quiétude de son quotidien : un prétendu avocat lui annonce que son petit-fils est en prison. Pour le faire libérer, il faudrait envoyer une forte somme d’argent. L’arnaque est grossière, presque banale. Mais ce que les escrocs ignorent, c’est qu’ils ont choisi la mauvaise victime.
Car Thelma ne se contente pas d’encaisser le choc. Elle décide de riposter. Avec l’aide de Ben, un vieil ami aussi cabossé que fidèle, elle se lance sur la piste des malfaiteurs. Ce qui aurait pu n’être qu’un simple fait divers devient une équipée inattendue, une croisade miniature menée avec obstination et malice.
Le film se déploie comme une quête de justice, un revenge movie tout en douceur, où la détermination remplace la violence et où le sourire tient lieu d’arme. Chaque personnage y trouve sa place avec une humanité désarmante.
On retrouve avec bonheur Parker Posey, muse éternelle du cinéma indépendant américain, toujours aussi singulière. Malcolm McDowell campe un antagoniste d’une précision jubilatoire. Richard Roundtree prête à son coéquipier une émotion subtile et touchante.
Et puis il y a June Squibb. À quatre-vingt-treize ans, elle est le cœur battant du film. Lumineuse, espiègle, d’une justesse confondante, elle transforme chaque scène en petit miracle de vitalité.
Thelma est de ces films qui réchauffent sans mièvrerie, qui rappellent que la justice peut avoir le visage ridé mais l’âme intrépide. Un film qui donne la pêche, et qui prouve qu’il n’y a pas d’âge pour l’audace.