Film politique ou mystique ? Évidemment les deux. Pasolini ne pense pas l’un sans l’autre. Pour parler des turpitudes bourgeoises, fascisme, société de consommation, et on pourrait en aligner cinquante, il met en scène l’autodestruction de cet ordre au contact d’une visitation divine, un absolu. Du haut de leurs désirs de bourgeois privilégiés à portée de caniche, ils tentent d’en singer les effets, sans jamais l’habiter. Ils croient se changer, ils ne font que s'enfoncer. Depuis leur petite morale, ils sont contraints à la ruine. Comme à Avignon, ça transgresse, mais ça ne fait pas la révolution. Film assez aride, sans vrai récit, sans suspense, sans effets racoleurs, terne comme la terre. Mise à nu des personnages, puis réduction en figures. Dépouillement du film lui-même. Ça marche, mais bon, à force d’être méchant et démonstratif, on perd patience.