Je suis ressorti de They Will Kill You avec un sentiment mitigé, oscillant entre déception et incompréhension.
En voyant la bande-annonce, je m’attendais à un film volontairement excessif, presque assumé comme un navet. Mais en réalité, le film se prend très au sérieux… et c’est justement là que le bât blesse. Le ton ne correspond pas du tout à ce que j’avais anticipé, et cette dissonance rend l’expérience frustrante.
L’histoire est clairement le point faible : elle est prévisible, téléphonée, et manque cruellement de profondeur. On devine les événements bien avant qu’ils ne se produisent, ce qui enlève toute tension et tout intérêt.
La réalisation tente pourtant des choses : transitions avec flashbacks, titres à l’écran, effets de style rappelant certains films à la Quentin Tarantino ou encore des œuvres comme les 7 Psychopathes. Le problème, c’est que ces procédés semblent artificiels et mal intégrés, comme s’ils étaient là pour donner du style sans réelle intention derrière. Le film essaie clairement de s’inscrire dans une veine à la Kill Bill, mais sans jamais atteindre l’énergie, la maîtrise ou la créativité qui font la force de ce type de cinéma. Les plans accélérés, en particulier, sont assez déroutants et n’apportent pas grand-chose à la narration.
Heureusement, tout n’est pas à jeter. Zazie Beetz livre une performance solide et crédible. Elle parvient à tirer son épingle du jeu malgré un matériau de base peu inspirant.
Au final, They Will Kill You n’est pas un film insupportable, je suis allé jusqu’au bout sans difficulté, mais il reste profondément décevant. Une tentative de film stylisé qui manque de fond et d’âme.