Avec They Will Kill You, tout semblait annoncer un retour à une horreur frontale, presque primitive. Le titre lui-même ne laissait place à aucune ambiguïté : une menace claire, directe, assumée. Pourtant, à mesure que le film se déploie, cette promesse se trouble, jusqu’à déplacer le récit vers un territoire inattendu.


Car très vite, l’horreur se voit concurrencée par une autre logique. Le film glisse vers une forme de stylisation de la violence, où l’action prend le pas sur l’effroi. Figures féminines puissantes, affrontements chorégraphiés, esthétique appuyée : autant d’éléments qui évoquent moins le cinéma d’horreur que certaines variations déjà bien identifiées du cinéma de Quentin Tarantino, et notamment l’héritage de Kill Bill: Volume 1.


Ce déplacement n’est pas en soi problématique. Il relève manifestement d’un choix d’écriture. Mais il introduit une ambiguïté qui finit par fragiliser l’ensemble. Car le film ne tranche jamais véritablement entre ses registres. À plusieurs reprises, certaines séquences basculent vers un burlesque inattendu, parfois même vers une forme de grotesque, qui vient désamorcer la tension au moment où elle pourrait s’installer.


Ce qui frappe d’autant plus, c’est que les éléments techniques sont bien présents. La photographie est soignée, les personnages possèdent une présence réelle, et le matériau de départ laissait entrevoir la possibilité d’un film d’horreur efficace. Mais ce potentiel est constamment redirigé vers autre chose, comme si le film refusait d’habiter pleinement le genre qu’il convoque.


Il en résulte une impression de décalage. Non pas un échec frontal, mais une œuvre traversée de signaux contradictoires. Ce qui pourrait produire de la peur devient spectacle ; ce qui pourrait installer une atmosphère se dissout dans le style. Le spectateur oscille alors entre adhésion ponctuelle et mise à distance.


They Will Kill You apparaît ainsi comme une tentative intéressante, mais déséquilibrée — un film qui, en cherchant à mêler les registres, finit par affaiblir celui qu’il semblait pourtant annoncer.

ZolaNtondo
4
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le 2 avr. 2026

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