Les vingt premières minutes de They Will Kill You pourrait laisser penser à un thriller social dépouillé, si ce n’est pour la pré-connaissance du pitch par le synopsis et la campagne marketing qui oriente vraisemblablement le spectateur vers un jeu de massacre façon Wedding Nightmare, The Hunt ou autres Bacurau.
Puis vient la première scène d’action, rompant le semblant de tension qui s’installait tranquillement (malgré un amoncellement de clichetons lourds de symbolisme satanique : la cène, le gamin qui s’appelle Damian alla The Omen, l’éternité citée, le M Méphistophélique sur la poignée de porte…), et faisant rentrer le film dans le programme annoncé.
Sauf que si la déferlante de violence et l’humour noir qu’elle génère étaient attendus, je ne pensais pas voir une telle repompe éhontée du style Tarantino. Soundtrack hip-hop, giclées de sang improbables, corps projetés comme des poupées de chiffon, mouvements de caméras panoramiques, prothèses en toc… On va même jusqu’au fétiche des pieds. Si Kirill Sokolov n’est certainement pas le premier à imiter QT, la copie est telle qu’elle est indigeste. Là où des films comme ceux des débuts de Guy Ritchie, ou plus récemment Bullet Train (avec la même Zazie Beetz au casting), reprenait la rythmique et la tonalité du cinéaste californien, ils parvenaient tout de même à se forger leur propre identité dans ce que l’on peut désormais considérer comme un sous-genre filmique.
They Will Kill You n’a rien de cela, et se contente de calquer sans panache. Pire encore, il opère des ruptures dans l’action via une exposition lourde et franchement dispensable, notamment au vu du manque d’implication du spectateur dans les enjeux du récit. On s’enlise entre deux bastons déjà vues (et qui se croient souvent plus badass qu’elles ne le sont réellement, cf la scène avec la hache enflammée assez risible), et en on finit dans une apothéose de grand n’importe quoi qui n’a pas assez de recul pour passer pour une franche boutade et se contente de verser dans le grand guignol con-con.
Circulez, y’a rien à voir.