Film sympathique, qui tient surtout par le charisme de Florence Pugh.
Mais apporte-t-il quelque chose ?
On nous promet une énième fois quelque chose d'un peu plus subversif, qui casse les codes, mais tout reste en surface, performatif. Ça tient en quelques dialogues dépressifs et faussement cyniques (mais toujours vraiment méta) pour nous faire croire, à travers des concours d'anecdotes pseudo-traumatisantes, accompagnées de tremblements de lèvre inférieure et de crise existentielle, que l'on remet en question le système et ceux qui le gèrent (que ce soient la CIA, le gouvernement ou Kevin Feige).
Mais les questionnements psy supposés faire affleurer l'émotion se terminent toujours par une pirouette décalée qui ramène toujours tout dans le giron de la fiction qui se regarde le nombril.
Quant aux véritables enjeux, ils sont traités à la légère. La mort d'un personnage potentiellement très cool est expédiée au début du film sans aucun impact émotionnel, comme une simple pirouette narrative à l'écriture paresseuse.
On se retrouve avec 2 ou 3 pseudo captain america dans l'équipe (captain Walker, qui a oublié son charisme au vestiaire, et Bucky, le petit chouchou du MCU avec sa coupe de cheveux foirée, qui n'en finit pas de faire de la figuration en toute impunité, sans être jamais capable de porter un film sur ses épaules), une ghost qui disparaît mais ne sait pas faire grand-chose d'autre et semble hésiter sur son jeu, un Red Guardian caution comique qui fait le job, et une Yelena elle aussi sous-exploitée.
Enfin, Sentry aurait pu faire du sale mais...
Au lieu d'un véritable combat on se retrouve dans un rêve. Le potentiel du perso est incroyable, mais il n'affronte vraiment personne... et toutes ses victimes, aussi choquantes soient-elles dans leur disparition, ne sont en fait pas vraiment mortes et tout le monde réapparaît à la fin. Ce qui d'ailleurs rend la mort de Taskmaster encore plus gratuite rétrospectivement, car en définitive elle n'annonce même pas de véritables enjeux dramatiques. Sans doute que le but du film était d'être anti climatique. Ça fonctionne parfois. C'est un peu absurde à d'autres moments. Notamment en ce qui concerne l'impunité finale de la véritable antagoniste, dans un retournement de veste des Thunderbolts tout à fait improbable.
Au bout du compte, on reste quand même un peu sur ça faim, avec l'impression d'avoir surtout assisté à un prologue plutôt qu'à une vraie histoire, dont on n'est d'ailleurs même pas vraiment sûr du titre officiel...
Je suis partant pour plus de Yelena... Mais ce ne sera sans doute pas sur grand écran.