Des années avant "Star Wars" et "American Graffiti", le futur réalisateur visionnaire George Lucas donnait naissance, avec l'aide de Francis Ford Coppola à la production, son premier film intitulé "THX 1138", un film de science-fiction dystopique inspiré du roman cultissime "1984" de George Orwell.


Dans un monde futuriste souterrain, aseptisé et totalement dénué de couleurs, les humains sont désormais des travailleurs tous physiquement identiques, sous sédatifs, qui les rendent incapables d’émotions et d’individualité. Une véritable fourmilière qui ne sert qu’au fonctionnement d’une chaîne d’assemblage. Mais un jour, THX et LUH décident d’arrêter leur traitement, et de là naissent, pour la première fois, des sentiments. Désormais criminels, ils deviennent des fugitifs en quête de liberté, dans une chasse à l’homme menée par des policiers androïdes.


La direction artistique, et principalement les décors, sont très minimalistes : tout est blanc. C’est un exemple parfait de la façon dont une restriction budgétaire peut engendrer de véritables choix artistiques marquants, car il s’agit évidemment de l’aspect le plus mémorable du film. Et c’est un choix qui fonctionne d’autant plus lorsque les protagonistes commencent à sortir de la méga-structure, dans la manière dont les nouvelles couleurs, grisâtres et ternes, dans des décors plus industriels, contrastent avec la pureté visuelle installée dans la première partie. Le tout culminant dans un plan final d’une beauté colorée immaculée.


Et ce minimalisme épouse aussi bien le fond que la forme, car il est au centre du scénario, dans la routine apathique de ces humains robotisés, mais aussi dans les performances touchantes de subtilité du duo d’acteurs principaux, Robert Duvall et Maggie McOmie, qui découvrent l’amour comme des nouveau-nés, à travers leur physicalité et sans avoir les mots pour l’exprimer.


Ce film, trop méconnu, est unique et, bien qu’imparfait, notamment à cause des retouches à base d’effets spéciaux numériques effectuées en 2004 par le réalisateur, montre déjà les premiers pas d’un cinéaste qui s’apprête à marquer le cinéma à jamais.

Créée

le 5 avr. 2026

Critique lue 5 fois

Cédric Cremet

Écrit par

Critique lue 5 fois

D'autres avis sur THX 1138

THX 1138

THX 1138

7

Jambalaya

498 critiques

Paranoïd Park.

C'est l'exemple même du film à enjeu car, qu'on aime ou non la saga Star Wars, elle porte aujourd'hui une telle valeur mythologique qu'on passe une partie de THX 1138 à l'affût des prémisses de la...

le 20 janv. 2013

THX 1138

THX 1138

8

Zaul

39 critiques

Purgatoire 2.0

Je passe tout de suite la trame narrative, qui peut avoir un goût de déjà vu aujourd'hui. Ce n'est pas la force du film, bien qu'on puisse émettre quelques réserves sur ce point : il y a d'abord ce...

le 13 mai 2011

THX 1138

THX 1138

6

Ugly

1826 critiques

Des codes dirigés par des machines

Ce tout premier film de George Lucas est en fait le développement d'un court-métrage qu'il avait commencé à l'âge de 23 ans alors qu'il était encore étudiant. Il offre une vision très pessimiste du...

le 2 mars 2020

Du même critique

Terreur sur la ville

Terreur sur la ville

6

CedricCremet

42 critiques

Only the names have been changed

"Terreur sur la ville" ou "The Town That Dreaded Sundown" est un film d'horreur sorti en 1976, que l'on peut considérer comme l'un des pionniers du slasher. Sorti deux ans après "Black Christmas", le...

le 25 janv. 2026

28 ans plus tard

28 ans plus tard

7

CedricCremet

42 critiques

18 ans plus tard

18 ans plus tard (eh oui), le troisième volet de la saga de Danny Boyle et Alex Garland est certain de diviser, mais il propose une vision artistique radicale plutôt que de jouer la facilité, dans un...

le 20 janv. 2026

The Town That Dreaded Sundown

The Town That Dreaded Sundown

7

CedricCremet

42 critiques

The Texas Trombone Massacre

Pour commencer, je précise qu'il est impératif de voir l'original avant de regarder celui-ci, car c'est, selon moi, une nécessité à la compréhension et à l'appréciation du film. Retrouvez ma critique...

le 23 déc. 2025