Je garde un très bon souvenir de Grave, vu il y a plus de 8 ans — ça c'est pour moi, pour entretenir ma micro-dépression —, Julia Ducournau a un talent certain, sait s'entourer, afin de rendre la mise en scène de ses films irréprochable — la photographie de Ruben Impens notamment. Malheureusement, au niveau du propos, je trouve celui de Titane plutôt gratuit, vain, comme si la réalisatrice avait tenté d'encastrer de force un message dans son scénario, une fois le long finit d'être tourné. Le sujet du genre n'est pas tant un sujet que ça, la protagoniste, Alexia — Agathe Rousselle —, se révélant plus être « victime » de sa transformation qu'autre chose. Idem au niveau de filiation avec la mythologie grecque, la Terre et le Ciel, Gaïa et Ouranos, laissant place au Métal et au Feu, afin de faire naître une toute nouvelle race… encore une fois, c'est plus un thème balancé comme ça, qui ne se révèle pas d'une grande pertinence, plutôt qu'un sujet de fond. De nombreux satellites gravitent autour d'un sujet central, le corps, mais la plupart sont difficilement perceptibles à l'œil nu, semblent anecdotiques… et font pâles figures face à un Grave qui faisait mieux à ce niveau-là.
Il y a par contre une demande d'amour de la part des deux personnages principaux, que ce soit de la part d'Alexia ou de Vincent (Vincent Lindon), pas si inintéressante que ça à voir, une volonté d'aimer et de se faire aimer, qui donne un duo père/enfant — c'est dans la relation qu'entretient ce duo que se démarque le mieux le thème de la transsexualité soit dit en passant, sur l'acceptation du corps de l'autre — tout autant ambivalent qu'intriguant, dans lequel se mêle intelligemment violence et vulnérabilité. Un duo à travers duquel deux personnes renaissent.
J'ai apprécié le visionnage malgré tout, la mise en scène de Julia Ducournau étant, encore une fois, irréprochable, idem pour la photo, le pan body horror, ou le duo Rousselle/Lindon : mention spéciale à la première, très bonne pioche de la part de la réalisatrice. Titane, un film inégal, certes, mais qui ne laisse personne indifférent.