C'est le mot qui m'est venu spontanément à l'esprit au sortir de la projection de Titane, et cherchant un titre à ma critique, je me résous à celui-là, qui résume le mieux l'impression générale de ma première vision du film.
Titane est un film à cheval entre deux genres : l'horreur et le fantastique.
Il faut accepter comme principe de départ le fait qu'une plaque de titane puisse remplacer une partie de la boîte crânienne d'une enfant, fracassée lors d'un malencontreux accident de voiture.
À partir de là, le scénario se tient à peu près. Il paraît en effet assez logique qu'une opération de cette nature puisse avoir de funestes répercussions sur le psychisme de qui l'a subie. On découvre peu à peu celles-ci tout au long du film. Et lui surprend beaucoup, nous prend de court. Dans son accélération première. La surenchère qui suit. Puis son brusque virage au premier tiers du film. Le rythme baisse alors, et les malheurs du personnage principal, aussi intrigants soient-ils, m'ont moins intéressé, interrogé. J'ai également eu beaucoup de mal à croire à la réalité du délire de Vincent, malgré la qualité de jeu de son interprète (Vincent Lindon). J'ai trouvé toute cette histoire de fils perdu et prétendument retrouvé assez laborieuse. Difficile de croire à l'aveuglement de Vincent et au relatif apprivoisement d'Alexia/Adrien. Quant au personnage secondaire de Rayanne, il est mal, pas assez exploité (me semble-t-il).
Quoi qu'il en soit, certaines scènes sont époustouflantes, remarquablement mises en scène, avec à chaque fois, une bande son fantastique, notamment, cette chanson italienne des années 70-80 qu'on entend à fond la caisse, de façon tellement ironique, lors des péripéties sanglantes qui ont lieu dans le duplex des co-locataires ; ou vers la fin du film, cette musique disco (?) qui martèle sur un rythme fou le "happening" entre mecs, torse nu, dans la caserne de pompiers.
Ne voulant pas aborder l'aspect vraiment technique du métrage (n'étant pas un technicien de cinéma), ni tomber dans les généralités-banalités qu'on lit ou entend un peu partout, genre : c'est hyper violent, immoral, invraisemblable, "révolutionnaire", etc. , je n'ajouterai que ceci : Titane est un film qu'il vaut mieux ne voir qu'une fois ; on est alors pris dans un vrai maelstrom émotionnel. À seconde vision, on comprend évidemment mieux le déroulement de l'histoire, l'emboitement des péripéties, mais comme on sait où on va, l'histoire paraît traîner en longueur dans sa deuxième moitié.
Un mot quand même sur le casting. Agathe Rousselle fait ce qu'elle peut, qui n'est pas si mal, et ce premier rôle au cinéma a sûrement été éprouvant. Vincent Lindon parvient à rendre son rôle presque crédible. Laïs Salameh a de la présence et on va sûrement le voir beaucoup à l'écran, ces prochaines années.
Pour la scénariste et réalisatrice Julia Ducournau, après Grave (bien) et Titane (mieux), son troisième long sera un sacré challenge.