Ducournau a mangé Tarantino et Cronenberg et a bien terminé son assiette. C'est pas des références indépassables mais c'est indéniablement des auteurs qui ont une vision. J'aurais du mal à trancher si Titane arrive à se hisser sur le même plan ou non, c'est pas très important. Par contre, que ce soit investit ou non d'un supplément d'âme, je trouve que pas mal d'éléments sont assez chocs et glauques de façon un peu facile, ou alors justifiés par du sadisme, ce qui se défend j'imagine... En tout cas c'est pas à mon goût, je suppose que c'est une patte un peu horreur à la française et je m'en tiens pas mal éloigné habituellement (j'ai pas de name à dropper d'ailleurs là dessus...)
Un peu de facilités dans le synopsis également, y'a des choses que j'accepte volontiers au crédit du fantastique, d'autres où il me faut un effort un peu plus assumé. Je suis forcément sorti un peu du film au moment où je me suis dit
Ah oui n'oublions pas qu'Adrien est enceinte d'une voiture
C'est surtout dommageable pour la psychologie des personnages qui perd en cohérence.
Ce pourquoi je trouve Titane super fort c'est le rapport au corps. Au long du film il est à la fois sublimé et malmené, il est travaillé par le sexe, la violence, la maladie, la vieillesse, la danse aussi, il est questionné dans son rapport au genre, à l'âge, au désir, au dégoût, à la filiation, à la génétique, à l'altérité. Et tout est incarné et fait sens.
Peut-être que ça passe parfois par des scènes un peu clippesques, des exercices de styles réussis mais qui restituent la violence graphique pop et le body horror comme si répondant à un cahier des charges. Peut-être que le scénario est parfois un peu trop prétexte à amener certaines situations. Un truc sûr c'est que ça repose énormément sur la performance incroyable d'Agathe Rousselle et dans une moindre mesure de celle de Vincent Lindon. Dans tous les cas pour ce qui est de ces corporalités, de ces sensualités, de ces incarnations, je trouve ça assez passionnant.