Un film où une femme couche avec une Cadillac, cache sa grossesse moteur sous un bandage XXL, et finit par s’inventer une vie de garçon pompier chez un daron shooté à la testostérone.
La Palme d’Or 2021, nous dit la presse, d’un air très concerné. Nous ? On a juste regardé un corps transfiguré qui cherche un sens dans un scénario qui, lui, s’est barré à la casse sans laisser de carte grise.
Esthétiquement, c’est beau. Très beau. La lumière découpe. Le métal suinte. Agathe Rousselle crève l’écran comme une blessure chromée. Mais côté écriture… c’est le festival du demi-geste et du plein flou. Un peu Cronenberg, un peu Gaspard Noé, beaucoup « et si on osait ? ». Mais le malaise, sans ligne narrative claire, devient posture.
La réception par la presse cinéma ? En pâmoison. Normal : ça parle de genre, de transgression, de corps hors norme.
Mais dans le fond, Titane donne envie de réviser Crash (le vrai), ou même de mater un vieux clip d’Indochine pour comprendre ce que veut dire métaphore. Le film aurait pu être une bête d’autoroute. Il finit en panne existentielle dans une station essence glauque où même le caissier veut plus te parler.
Conclusion : un geste de cinéaste fort, mais pris dans ses propres vapeurs de symbolisme carbonisé. Un film qui frime sous le capot mais cale à l’émotion. Titane ? Oui. Mais sans garantie constructeur.