J’avais envie d’y croire à ce Together. Le concept de l’amour fusionnel poussé dans une hybridation littérale de body horror avait de quoi susciter l’intérêt, d’autant plus lorsque le mal commence unilatéralement, faisant de Dave Franco un man baby qui cherche une mère de substitution dans sa partenaire, une figure sur laquelle déléguer ses responsabilités pour n’être que choyé. Il y avait matière à livrer un film thématiquement pertinent.
Mais au final, rien ne fonctionne, malgré toute l’affection que j’ai pour Alison Brie depuis Community. On peut parler de la laideur de la créature qui apparaît dans le dernier acte, toute de plastique rigide, suintant le toc. On peut également déplorer qu’il n’y ait pas une seule idée de mise en scène, une seule image, que l’on ait pas déjà vu ailleurs. On regrette enfin que le programme soit annoncé d’entrée de jeu, évinçant toute once de mystère quant à la menace et au sort du couple, jusqu’à un fusil de Tchekhov de scie électrique tout bonnement grossier.
Mais ce qui nuit principalement à ce premier film de l’australien Michael Shanks, c’est l’écriture des personnages (dont il est aussi responsable). Rien ne fonctionne. Les deux personnages sont imblairables, beaucoup trop agressifs l’un envers l’autre même quand les signes de la maladie sont évidents, ce qui nuit grandement à la crédibilité de ce couple sans alchimie.
Pareillement, on nous fait comprendre qu’ils sont ensemble depuis dix ans, mais on essaye de nous faire gober que Franco n’a jamais raconté une histoire de rat crevé cuisant pendant des jours dans sa chambre à sa compagne parce qu’il l’avait oublié. Trou de mémoire pas crédible pour un sou qui justifie simplement une exposition à la truelle pour décrire la déliquescence du couple.
Et puis ce stéréotype des citadins débiles qui partent en rando sans eau, décident de boire dans une flaque stagnante très rapidement (une poignée d’heures) malgré qu’il pleuve à torrent, et sont évidemment incapable de s’orienter sur un chemin qui borde leur propriété. Ce même chemin balisé que personne ne semble avoir exploré lors de la battue qui ouvre le film…
L’empathie est donc absente, les enjeux nuls, et la morale qui voudrait que le forcing soigne le couple laisse dubitatif. A moins que ce soit cette acceptation qui soit l’élément horrifique, mais même là, c’est bien maigre.